SEBANA COVE/MALAISIE


Nous sommes très tristes de voir partir nos amis. Qu'est-ce-qui nous attend ici ? Nous sommes loin de tout. Le personnel de l'hotel est apathique. D'où viendra ce mécanicien dont nous avons besoin ?

le grand ponton


Peu de temps après le départ d'Isis, nous entendons un roulement de vehicules sur le ponton principal au bout duquel Papadjo est amarré. Hervé sort sa tête du carré :
- C'est toute une bande à moto.
Dans cet univers de silence, cela est tout à fait inhabituel.
- Laisse-moi voir!
Les motos ont atteint le bout du ponton et font demi-tour. La moto de tête s'arrête devant Papadjo. C'est un homme trapu, un peu grisonnant, d'une cinquantaine d'années peut-être, perché sur une moto rouge vif, lui-même habillé d'un polo rouge sur un short beige. Il n'a pas trop le look malais. On lui donnerait de l'anglais ou un zeste d'américain en vacances. Son visage poupin est animé par deux petits yeux vifs bien bleus. Huit motos sont à sa suite et deux ou trois autres personnages accourent vers lui.
- Quand êtes-vous arrivés ?
Nous lui expliquons notre mésaventure et je lui lance comme une boutade :
- Et si vous connaissez un bon mécanicien, envoyez-le nous !
- Vous n'êtes pas au bon endroit pour cela
Ca c'est sûr, mais on avancera jamais en s'en tenant à cela.
- Etes-vous libres ce soir pour venir à mon barbecue ?
Hervé et moi, nous nous regardons en riant.
- Bien-sûr, mais où habitez-vous ?
- Juste en face , la première maison là-bas.
- Ok ! comment vous appellez-vous ?
l'homme ne répond pas. Je répète ma question.
- Pouvez-vous me dire quel est votre nom ?
Il désigne un des hommes qui était accouru vers lui quand il avait arrêté sa moto à la hauteur du Papadjo.
- Ce monsieur vous le dira pour moi.
La moto démarre et l'homme au polo rouge s'éloigne.
Immédiatement après, l'homme désigné vient vers nous.
-Bonjour Monsieur, vous pouvez donc nous dire comme s'appelle ce monsieur qui nous a invités chez lui ce soir?
- Vous avez bien de la chance. Vous êtes invités par Sa Majesté le Sultan Ibrahim de Johor, le sultan de l'état de Johor.
On a presqu'envie de lui dire que c'est une grosse blague. Mais l'homme est très sérieux.
- Mais comment devons-nous l'appeller quand nous nous adresserons à lui ce soir ?
- Vous l'appellerez "Sa Majesté".
Ah ! bazar ! cela n'est pas une mince affaire. Il faut que je fasse répéter Hervé pour qu'il ne se trompe pas entre His and Her Majesty.
Et puis, nous ne pouvons pas nous rendre chez le sultan en shorts. Il convient de s'habiller convenablement.
Hervé endosse sa superbe chemise rouge couleur prune en soie venant des puces de Brunei (mais cela on ne le dira pas) et enfile le pantalon que je lui avais fait à Noêl. Je me fais belle également. Quelques bijoux, trés discrets tout de même car si je tombe sur la sultane, j'aurais l'air d'une parfaite anesse en panne d'apparat.
Et nous partons pour le barbecue du sultan dans une euphorie bien délectable. Nous ne savons pas au juste quel chemin emprunter officiellement et nous contournons les bords de la grande piscine puis traversons la prairie sur laquelle se dresse la première maison.

piscine sebana


C'est qu'il y a du monde tout autour. Un poste de police avec deux gendarmes. Faut'il aller vers eux ou rejoindre le pignon de la maison où quatre à cinq gardes patrouillent. On nous fait signe d'avancer vers le pignon. Nous sommes attendus et introduits de suite sur une terrasse dominant la marina.

Le Sultan est sur son embarcadère privé où se trouvent alignés deux cigarette-boats lui appartenant, ce genre d'engin de mer super-rapide qui servent aux princes pour y trouver une mort aussi rapide.
- Sa majesté vous attend à l'embarcadère, nous déclare notre escorte.
Il nous voit et nous fait signe de le rejoindre. Un tas de monde l'entoure. Nous approchons.
C'est maintenant qu'il faut sortir son vocabulaire haut de gamme.
- Oh ! quelle surprise ne fut pas la nôtre ! Ainsi vous êtes Sa Majesté le Sultan de Johor.
Il sourit
- Approchez, venez voir mon bateau.

Deux européens sont là à l'oeuvre, un anglais et un breton. Le breton est le skipper du sultan.
Le bateau est une petite merveille de forme et de couleur, dans les bleus, bleu-gris; Sur le tableau de bord figure les armes du Sultanat soutitrés par la mention "Sultan de Johor".
Ah ! tout cela est donc bien vrai !
La Malaisie est une monarchie constitutionnelle régie par un système démocratique parlementaire fédéral constitué par 9 anciens sultanats et 4 anciens Etats;
Le roi est élu tous les cinq ans par ses pairs, les neuf souverains héréditaires des anciens sultanats. Notre sultan est l'un des neuf. OK !
-Voulez-vous que je mette les moteurs en route ?
- Bien sûr !

Il donne alors l'ordre d'ouvrir le capôt et de mettre les moteurs en route. Les deux moteurs de 1350 chevaux ronronnent. Impressionnant ! Nous allons à l'arrière et le sultan nous fait remarquer que l'eau est éclairée d'une belle lumière fluorescente bleue quand les moteurs marchent. Beautiful !!
- Mais Majesty, vous n'avez pas de cabine ?
- Mais si, mais si, à l'avant.
Il fait ouvrir une porte entre deux gouvernails donnant sur tout l'avant du bateau et on peut entrevoir un intérieur tout en banquettes de cuir blanc.
Je regarde le tribord du bateau offert à ma vue.
- Il n'y a pas de hublot bien sûr, vous allez trop vite et ça pourrait être dangereux.
- Oui ! je peux faire 120 noeuds à l'heure avec ce bateau !
- 120 neuds ! alors nous sommes bien différents. Notre moyenne est seulement de 5 noeuds.
Et nous éclatons de rire.

En fait, nous nous sentons à l'aise avec cet homme très très important dans son état et son pays. Car après tout nous sommes de la même espèce, celle de l'humain et nous n'avons rien à prouver devant un des hommes les plus riches du monde. Alors, on se la joue simple et naturel. Par contre la cour qui l'entoure est tout empesée, silencieuse, attentive à ses moindres mots et désidératas.
Après la démonstration du cigarette-boat, nous le suivons pour retourner à la terrasse.
- Venez, je vais vous montrer la maison.
On suit sa Majesté ou plutôt ses tongs premier prix qui escaladent l'escalier.

maison du Sultan

En fait, il a exactement trois grandes maisons très cossues qui sont disposées autour d'une grande piscine.
- J'ai acheté les deux autres pour ne pas avoir de voisins;  quand je viens, j'habite la première.
Car le Sultan vient là occasionnellement en week-end.
Il nous présente plusieurs membres de sa suite, son cousin d'abord, un grand homme mince qui s'incline devant nous, le majordorme de ses maisons, son pilote d'avion, un ancien gradé de l'armée (le sultan dispose d'une armée personnelle de 200 soldats, il faut le dire aussi ),
et divers personnages dont nous oublions immédiatement le titre ou la fonction.
Au seuil de ce qui est un salon, nous nous déchaussons et prenons sa suite. Tout est d'un luxe raffiné et moderne où la mer et les bateaux sont les stars. Chaque pièce dispose d'une vasque allongée où glougoute une eau bleue bordée tout du long par un fin chemin de sable blond piqueté de coquillages. Jolie la trouvaille !
- J'examine en connaisseuse tous les coquillages (depuis le Pacifique, j'en fais collection)
- Oh ! Majesty, il vous manque un Golden Cowry.
Quelle audace de ma part ! mais le Golden Cowry (la porcelaine rose, qu'on appelle en anglais la porcelaine dorée) est un coquillage très rare et qui se vend donc très cher. Malgré tout, comme je l'ai eu par chance pour presque rien du tout, je possède ce coquillage dans ma collection.
Le sultan a du mal a relever l'impertinence. Il fait un geste pour me faire comprendre qu'il a déjà tant et tant de choses.

 Dans la chambre à coucher, au dessus de l'eau, un grand panneau mural peint pour figurer la Grande Bleue. Dans le couloir, les peintures des différents bateaux que possèdent le Sultan dont celui qui a atteint le record Guinness de vitesse.
Partout, des bibelots, des sculptures qui ont trait à la mer.

Sultan of Johor


Après cette visite de l'intérieur, nous rejoignons la terrasse où est installée une minuscule petite table. Deux chaises sont avancées pour que nous prenions place auprès du Sultan. Les autres restent debout comme des piquets, en attente, immobiles.
- Que voulez-vous boire ?
Nous sommes en pays musulman et il nous est difficile de répondre.
- Ce que vous avez !
- De la bière ?
- Oui, bien, de la bière (tiens ! normalement, c'est interdit la bière. )
- Ou alors du vin ?
- Oh ! si vous avez du vin, c'est avec grand plaisir, pour nous français.(ah! le vin! c'est encore plus qu'interdit !

Il donne alors ses ordres. Son majordome revient pour dire qu'il n'y a pas de vin dans la maison.
- Alors ! allez donc en chercher et faites amener deux bières en attendant.
On nous amène deux cannettes de bière qu'on pose sur la table.
- Mais, Majesté, nous sommes désolés. Nous sommes français et nous ne pouvons boire la bière dans les cannettes. Nous la buvons dans des verres.
Il sourit et ordonne qu'on nous amène deux verres. Cela tarde à venir. Les bières tiédissent. Il redonne un ordre et enfin un homme arrive avec deux verres sur un plateau.
- Désolé, c'est un type de la jungle celui-là !
Quant au Sultan, il se fait servir sur un petit plateau un "remontant" dans un tout petit verre. Un homme est à ses côtés pour renouveler immédiatement le petit verre quand il est vide.
J'observe le petit verre. Il n'a rien de spécial sauf qu'il est entouré d'une étoffe blanche qui ne permet pas de découvrir le contenu. Nous sommes en pays musulman. Il faut s'entourer de certaines précautions, sans doute, tout comme notre défunt Président Miterrand savait le faire en avalant goulument derrière une serviette blanche les petits oiseaux défendus.

Et maintenant notre sultan prend son E.Pod et nous fait découvrir sa collection de voitures. Ah ! ma Doué Béniguet ! c'est quelque chose. Un grand parking pour les voitures jaunes précède celui pour les voitures rouges et le dernier pour les voitures noires. Il y a de tout dans le genre voitures luxueuses et de marque inatteignables pour les pauves péquins que nous sommes, qui de toute façon avons abandonné ce mode de transport. Suivent quelques anciens modèles et le sultan dans une fiat très ancienne entièrement refaite.
- Mais vous n'avez aucune voiture française ?
- Non, mais j'adorais les Deux-Chevaux de Citroën.
Ah ! nous sommes en terrain d'entente.
- Ah ! oui ! c'était trop drôle. On poussait la voiture dans la pente.
- Et on remontait le plus possible dans la côte.
Et nous voilà en train de rire au souvenir des exploits de la fameuse Deux-Chevaux.
C'est sûr qu'on rit moins en parlant de Bugatti, Ferrari, Rolls ou Mercedès.

Après les voitures, nous passons au parc des hélicoptères.
-J'adore conduire les hélicoptères. Hélas, j'ai commis une erreur une année et j'ai eu un très grave accident. Je suis recousu de partout.
Et le Sultan nous montre son crane, ses bras et d'autres parties de son corps, bien sûr sans se départir de la décence nécessaire.
Et maintenant, belle photo de son jet privé et nous repartons pour les bateaux avec un yacht de 33 mètres, une multitude de jet-skis et autres amuses-mer.

 

famille royale

 

Puis, nous partons pour un tour de famille.
- Combien avez-vous d'enfants, Majesty ?
Décidément ce mot me colle à la bouche comme un chewing-gum. Je décide de ne plus l'employer. Ca ne fait vraiment pas naturel.
- J'en ai 6, cinq garçons et une fille. Je vais vous les montrer.
Et il exhibe de son E.Pod une photo de famille où figurent sa progéniture et une très belle femme, la sultane en grand apparat.

rajah Zarith Sophia


- Oh ! c'est votre femme !

Autre photo : une belle jeune-fille qui s'amuse avec deux petits tigres.
- Est-ce bien là votre fille ?
- Oui, c'est ma fille.

 

sa fille Aminah

 

Et je le complimente sur la beauté de sa fille.
Ses fils ainés sont en uniforme.
-Ils font tous l'armée. Cela leur donne de la discipline. Le dernier est en Inde; il apprend aussi la discipline.
Et on peut voir une photo où le petit de 10 ans se tient à côté de son père en grand apparat.

 

avec son plus jeune fils

 

Les photos officielles défilent.
- Ah ! vous semblez bien différent ! très sérieux.
Il éclate alors de rire et dit en renforçant son torse :
- Il le faut; Il faut se montrer sérieux.
Il y a une photo impressionnante du Sultan en grand uniforme noir bardé de décorations et de médailles. A ses côtés, un petit tabouret recouvert d'une étoffe noire sur laquelle repose une couronne digne du trône britannique.
- Ah ! c'est que vous êtes un sultan !
Mon Dieu, quelle lapalissade ! mais cela a l'air de le flatter
Une dernière photo où on voit apparaître au côté de la famille royale une dame âgée d'origine européenne.
- C'est ma mère. Elle ne vit plus ici. Elle vit 6 mois en Angleterre et 6 mois en France.
- Où donc en France ?
- Près de Bordeaux.
Ah ! mais nous sommes maintenant en terrain connu et nous expliquons au Sultan que nos enfants habitent Bordeaux et que notre propre maison n'y est pas trop éloigné.
- Je n'y suis jamais allé. Je ne connais pas la France.
- Comment ? vous ne connaissez pas la France. Mais c'est un très beau pays et dans la région Bordelaise, vous avez tous ces somptueux chateaux avec leurs vignobles tout autour. Il faut absolument que vous alliez rendre visite à votre mère et voir tout cela.

le voila beau



Notre colloque est interrompu par la venue de deux jeunes filles qui semblent complètement terrifiées et figées. Elles sont toutes deux habillées d'un pantalon noir et d'un chemisier blanc qui épousent leurs jeunes formes.
- Ah ! mais ce sont les petites masseuses. Faîtes les approcher ! c'est que j'ai mal au cou.
- Tiens ! moi aussi, j'ai une sorte de torticolis qui traine depuis longtemps.
- Eh bien ! je prends la Thailandaise et vous prenez la Chinoise.
Ah ! ça, c'est quelque chose ! nous voilà le sultan et moi massés par les mains expertes des jeunes filles. On ne peut pas dire que ce sont des caresses mais ça fait du bien.
Pendant ce temps, le barbecue se prépare. En fait ce sont trois immenses barbecues où s'affairent trois cuisiniers tout de bleu vêtus et toqués de bleu également. On se dégage un moment des masseuses et on va inspecter la cuisson. Il y a une quantité impressionnante de viande de toute sorte, sauf le porc bien entendu.
- Vous voyez les saucisses. Je les fait venir d'Angleterre. Ce sont des saucisses au poulet ou à l'agneau. Vous les goûterez, elles sont délicieuses.
- Et ceci, qu'est-ce, s'il vous plait ?
- Ce sont des brochettes de poulet préparées avec ma marinade. J'adore la cuisine. Mais vous, vous ne pouvez pas cuisiner dans votre bateau.
- Bien sûr que si ! je cuisine un tas de choses.
- des nouilles !
- Non pas que ça, de tout.
- Et avec quoi ?
- Eh bien ! sur du gaz. Pas de problème. Et je fais du pain à bord aussi.
Il se retourne vers sa suite fort étonné.
- Avec du gaz ? elle cuisine avec du gaz.
Puis il se tourne vers moi.
- Mais vous avez aussi un congélateur pour conserver les aliments.
- Non, je n'en ai pas besoin. Je n'ai qu'un frigidaire. C'est bien suffisant.
- Alors comment faîtes-vous donc ? vous ne pouvez pas emporter beaucoup de choses.
- Mais, je ne désire pas emporter beaucoup de choses. Un poulet tout au plus pour tenir deux ou trois jours mais après nous pêchons et nous survivons avec notre pêche. Nous avons vécu huit mois dans le Pacifique ainsi, vivant de notre pêche.
Alors là, il a de la peine à me suivre;
- Et le reste, les légumes ....
- Le reste, on fait du troc. On troque du riz ou du sucre par exemple pour des légumes et des fruits. Ca marche très bien.
Le Sultan pique la viande grillée  tout en conversant.
- Tout cela est à point maintenant. Servez-vous !
Nous sommes ainsi les premiers à nous servir en allant inspecter les trois barbecues. Dieu ! quelle abondance ! il est vrai que la suite du sultan est importante et qu'il faut nourrir tout ce monde-là, sans compter maintenant les petites masseuses qui ont besoin de toutes leurs forces pour la soirée.
Le majordorme nous invite à le suivre dans la salle à manger de la maison. Un très joli couvert est installé et prennent place autour de la table, le commandant de bord et le cousin du Sultan. Les autres, basta, dehors en attendant les restes du barbecue. La place du sultan reste libre. Il ne viendra pas se joindre à nous, pris jusqu'au cou par les mains expertes de la Thailandaise.
Nous sommes resservis en abondance puis on nous offre du café et nous rejoignons enfin le sultan qui semble tout ramolli non seulement par les petites masseuses mais aussi par les descentes successives du petit "remontant". C'est alors que le vin arrive et nous est servi, non à la bouteille mais dans deux verres ballon.
- Nous vous remercions mais si nous avions su combien c'était difficile de vous procurer ce vin, nous nous en serions bien passés.
- Mais non, mais non, c'est avec plaisir !
La soirée est magnifique. Le sultan commence tout de même à se sentir fatigué et la conversation s'épuise. Nous rejoignons le skipper breton qui nous explique un peu sa carrière auprès du sultan. Cela fait 15 ans qu'il est sous ses ordres.
- J'ai un tas de bateaux à m'occuper. Et puis nous faisons souvent de la plongée. Nous allons dans différents endroits où le sultan possède des maisons. Il est en train d'en construire une sur pilotis en pleine mer. Superbe !
- Il a l'air vraiment cool ce sultan.
- Oh oui! ce soir, ça va bien !
Notre sultan désire se retirer maintenant.
Nous nous précipitons à sa suite pour le remercier et lui dire au revoir. Mais il est déjà dans le salon. Alors, à nouveau, on se déchausse. Zut ! la prochaine fois, je mettrais des tongs premier prix au lieu de ces chaussures compliquées qu'il est difficile d'ôter et de remettre.
- Majesty ! nous voulons vous dire au-revoir et vous remercier.
Nous nous tendons les mains et prenons congé.
Le majordorme s'avance de suite vers nous quand nous avons rejoint la terrasse.
- Sa Majesté a donné l'ordre de vous reconduire en voiture.
Ca, c'est bien gentil car je ne nous voyais pas rejoindre le bateau à travers la prairie peut-être envahie maintenant de gentils pythons ou de noirs boas comme à la marina de Miri. En fait tous ces territoires sont pris sur la mangrove et la jungle et les pauvres crocodiles, varans, lézards géants et divers serpents ne se gènent pas la nuit pour investir leur habitat naturel.
Le lendemain matin, le cigarette-boat du Sultan se détache de son ponton et se dirige vers le nôtre.
Le sultan, aux commandes, nous salue gentiment avec un grand sourire :
- Prenez soin de vous !!
- Merci, encore merci !
Dans la matinée, je me rend au Yacht Club qui n'est autre que l'hôtel quatre étoiles. Je veux absolument voir les portraits officiels qui trônent dans le grand hall d'entrée. Et bien sûr, il y a là notre Sultan en grand uniforme et dans un autre cadre, la sultanah admirablement parée.
Ca alors !!!!                                                                                                               

     sultan motosophia ter

 


Maintenant, nous avons laissé Sebana Cove dans sa solitude et sommes dans une autre marina, Danga Bay.
Devinez qui domine la baie où nous sommes ?
Et oui, c'est bien sûr, le palais gothique normand de notre Homme à la moto rouge.

 

autre palais