NAVIGATION MALAISIE THAILANDE

OCTOBRE 2014

    C'est fin septembre que nous regagnons le Papa Djo après notre séjour rituel en France.
C'est encore la saison des pluies en Malaisie où nous sommes, Kilim exactement, un lieu féérique
dans les mangroves couronnées de hautes falaises où nichent les aigles roux, symboles de l'île.
En fait, ce n'est féérique que le matin jusqu'à 10 h et à partir de 16H 3O l'après-midi, quand la
centaines de "long tails" a vidé les lieux. Les "long tails" sont des pirogues dont l'hélice du
bruyant moteur s'allonge démesurément pour bouillonner presqu'à la surface de l'eau. Ca fait un
bruit énorme qui retentit de Bangkok à ici, sur tous les recoins de Thailande et de Malaisie.
Quand ce sont des pêcheurs, ça fait partie de l'ambiance locale. Mais quand ce sont des pirogues à
 touristes, avec des moteurs hors bord de 150 voir 200 ch, c'est insupportable.

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 Dans le petit bras de mer qu'on appelle ici "the hole in the wall", le trou dans le mur, où le
Papa Djo fait son hivernage, ces maudites pirogues enfin ralentissent pour déposer leurs clients
sur les quelques radeaux hérissés de restaurants auxquels sont ratachés des fish farms, grands
bassins où le touriste s'amuse à voir sauter de beaux poissons qu'on nourrit pour l'occasion.

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A Kilim, nous avons notre petit rituel, Hervé et moi. Le matin, nous réarmons le bateau pour la
navigation et préparons la cabine de notre futur équipier qui joindra le bord dans une quinzaine.
C'est Patrick, un ancien sous-marinier de 52 ans. Un jeunot rencontré au Laos, il y a deux ans !!

Le besoin s'est fait sentir pour nous de traverser l'océan indien à trois. Ce n'est pas que les
forces sont parties. Nous faisons bien les mêmes exercices qu'avant. Hervé grimpe au mât, soulève
de fortes charges. Nous assumons la charge lourde du bateau tous les deux avec une bonne santé.
Mais à trois, il y aura moins de fatigue et surtout pour Hervé, plus à partager au niveau efforts
physiques et des opérations mécaniques. Pensons aux quarts de nuit qui nous attendent dans les deux océans que nous allons traverser, l'Indien et l'Atlantique. Aussi, nous nous sommes décidés, alors que nous
n'avions jamais pris d'équipier jusqu'à présent, à faire partager l'expérience de la navigation
sur le Papa Djo à Patrick. Il a accepté de suite. Comment sera la vie à bord à trois ? Tout reste
à découvrir pour chacun d'entre nous. Nous pensons que les bases sont bonnes et nous mettrons tout
de nos êtres à ce que cela se passe bien. Patrick ne connait pas la voile. Il a fait 17 ans dans
le fond des océans en tant que sous-marinier. Maintenant il va se retrouver à la surface, dans un autre univers. Nous avons confiance dans sa flexibilité de grand voyageur qu'il est depuis qu'il a pris sa retraite de la
marine, à 34 ans s'il vous plait.

Ce temps de préparation n'est pas désagréable. L'après-midi, nous rejoignons la Jetty du Kilim où
nous attend notre 125 et partons pour les plages ou les courses dans les petits magasins qui
bordent la route. Les pluies ont verdi la jungle et les rizières; Langkawi est une île magnifique.
Nous visitons des baies profondes, allons nous baigner dans les bassins des cascades. L'orage
tropical n'est jamais loin mais nous sommes chanceux, nous réussissons à toujours passer entre les
gouttes.

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Enfin le 14 Octobre est arrivé. C'est avec une petite voiture que nous allons chercher notre
équipier. Et il est bien là, devant nous avec son sac à dos; La vie à trois va pouvoir commencer.

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Pour Patrick, tout, tout est nouveau.Nous recommençons avec lui le petit rituel du matin et du
soir. Hervé l'a attendu pour mettre en place les voiles, la grand-voile et le génois. Maintenant,
il y a deux motos à la jetty. On pousse même jusqu'aux "Seven Wells", les célèbres cascades à sept
bassins du Nord-Ouest de l'île. On fait des virées à Kuah pour les besoins du bateau. Enfin, on
s'occupe et on s'amuse. Papa djo est fin prêt pour rallier le chantier PSS, à Satun en Thailande,
à une matinée de voile. C'est là que nous ferons la sous-marine et les dernières mises au point du
moteur et de l'électricité.

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Jebilang, PSS, Satun, le 23 Octobre;

Nous arrivons sur la rivière à marée haute. Il fait beau. Papadjo passe la darse du chantier. Jia
le boss, nous réceptionnera demain à midi. Pourtant on nous fait des grands gestes du quai. On
mouille dans la petite anse avant le village de Jebilang. Nous armons la Nénette, notre petite
barque et tous trois allons vers Pss. Plus nous approchons et plus nous distinguons notre amie
Julie, la femme de Jia. Nous ne nous trompons pas, elle est là, toute mignonne, notre chère Julie
qui nous prend dans les bras dès notre arrivée.

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"On vous faisait des gestes pour que vous rentriez dans la darse. C'est possible de monter le
bateau dès aujourd'hui".
Qu'à cela ne tienne, on va y aller. Retour au Papa Djo pour lever l'ancre. On le présente dans la
darse. Jia est là aussi. Ah ! les retrouvailles ! quel bonheur !

 

Il  n'y a pas de travel lift ici; Les bateaux, que ce soient les gros bateaux de pêche ou les
bateaux de plaisance, sortent de l'eau, une fois positionnés sur des rails, par l'action de longs
cables d'acier actionnés par un puissant moteur situé à une centaine de mètres de la darse. Puis
le bateau remonte les rails sur le chantier jusqu'à ce qu'il soit placé définitivement. C'est
simple et efficace.

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Ah les retrouvailles !!! comme les gens de ce chantier sont gentils; Il est vrai que nous y avons
déjà passé un mois après notre séjour en Inde. Personne ne nous a oublié, même notre chien favori
qui vient pousser son museau sur nos cuisses en signe de reconnaissance.

Julie nous a réservé une bonne surprise. Nous allons pouvoir emménager dans notre appartement
d'alors complètement revu par ses soins. Elle nous y conduit de suite; c'est sur la petite route
qui conduit au village de Jebilang, presqu'en face du grand portail d'entrée de PSS.
Là où il n'y avait que du plancher, il y a lit et canapé maintenant. Là où il n'y avait que mur,
il y a un bon placard où ranger les vêtements. Et puis, une table neuve avec des chaises, l'air-
conditionné qui marche, une vrai pomme de douche dans l'espace toilette. Viendront un lavabo et
une glace. Nom d'une pipe, du vrai confort; Mais nous avions très bien vécu au séjour précédent
avec nos matelas de bateau etc.....

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Patrick va prendre le canapé dans la première pièce et nous le grand lit double dans la seconde.
Ma "Cocotte", la Thailandaise coquette qui tient le petit restau jumelé au local que nous occupons
est toujours à poste. C'est chez elle que nous achetons la grande bouteille de coca avant d'aller
manger chez "Mamie", sa copine et concurrente, spécialiste en riz frit, Pad Thaie et compagnie qui
nous accueille avec sa belle-fille dans l'affection et la gentillesse.

 

A table, nous retrouvons du beau monde : les gens de Pss qui y font la pose repas, quelques
yachties comme nous..... les enfants ont grandi depuis notre dernier passage. Mamie a fait
construire des petites guérites en bambou à toit de chaûme dans l'espace ouvert qui donne sur les
rizières. On y est bien et c'est plus aéré qu'au restaurant. Ne regardons pas trop la saleté des
lieux. Nous sommes en Thailande. C'est normal.

Patrick prend goût de suite pour cette cuisine simple et délicieuse. A midi, riz frit au restau.
Le soir, nouilles frites au local, servies par Mamie en personne. Nous sommes comme des coqs en
pâte à savourer la douceur du soir après le labeur de la journée. De temps à autre, nous
organisons des barbecues sur la terrasse de notre local. Au village, il est facile de trouver de
bons poissons. .Yves, un navigateur connu aux Fidgi, se joint à nous deux soirs de rang. Mamie a
prêté son barbecue car le nôtre est un peu trop petit pour alimenter trois estomacs d'hommes et un
non négligeable de femme. Nous créons l'amusement du quartier. Tout le monde vient voir comment on
grille le poisson. En fait, c'est Yves qui se charge de tout. Ma "Cocotte" nous amène des bières
toutes fraîches. C'est la joie !!!

Mais nous ne faisons pas que manger. Les journées sont au labeur.
Car nous travaillons tous les trois; Patrick prend la responsabilité de la préparation de la coque
et de la sous-marine avec l'aide d'un apprenti de Pss. J'entreprend avec une aide la peinture de
tous les planchers du bateau tout en m'occupant avec Hervé des coordinations avec Jia et Oun le
chef de chantier pour les différentes interventions du menuisier, de l'électricien, du mécanicien
et des peintres. C'est du boulot ! on n'arrête pas ! nous avons prévu une semaine.

J'amène dès huit heures ITou, mon aide, dans un local où nous avons entreposé tout notre plancher
et je la mets au travail. Il faut tout expliquer ici si ce sont des apprentis et ne pas trop les
lâcher même s'ils travaillent bien. La petite n'est pas bête. Mais tout se comprend par des gestes
car elle n'a pas un mot d'anglais. Elle a de tout petits pieds sans orteils. Une déformation de
naissance. Cela ne l'empêche pas d'être agile. N'empêche, elle a des difficultés à faire un
sourire. Même Patrick n'arrive pas à la dérider. Moi, ça me pompe un peu, quelqu'un qui ne rit
jamais. Nous sommes habitués ici à une bonne ambiance avec les ouvriers. Sak, notre menuisier
attitré, est là avec son grand sourire et son rire communicatif. Il nous a déjà fait un sacré
boulot : aménagement des soutes pour les légumes, de la salle de bain pour le rangement, une
nouvelle table de cockpit, nouveau revêtement de la cuisine aussi. Quoi, du neuf et du plus
fonctionnel. La mécanique est assurée de main de maître par le mécanicien chef de PSS.Oun, le chef de chantier chinois, est toujours d'une agitation très positive. Et nous avons maintenant un gaillard nommé Patrick pour monter au mât vérifier les branchements électiques des feux de navigation.

 

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 Et puis il y a Julie, notre grande amie. Elle est mauricienne et parle le français couramment. A l'époque du premier chantier, on ne la voyait pas trop car elle enseignait l'anglais dans une école; Mais maintenant, elle seconde Jia et cela fort efficacement. L'ennui en Thailande c'est que l'anglais est fort peu pratiqué. Ainsi Julie sert de liaison entre les yachties et le staff. Mais Julie n'est pas simplement la femme de Jia, la prof d'anglais. C'est aussi une artiste peintre accomplie; Elle nous a promis de peindre un aigle sur le roof du bateau.
Avec Jia, nous faisons le tour du chantier; Nous lui avons demandé de voir la peinture exécutée au dernier chantier. Cela pèche en imperfections. Les peintres s'étaient laissé aller quand il était parti en vacances avec Julie la dernière fois. Nous n'étions pas contents du tout. Nous avions arrêtés "leurs petites vacances" à eux. Les billets d'avion étaient pris pour la France. Il fallait rentrer à Kilim vite fait pour hiverner le bateau. Le chantier trainait. La pluie venait. Une horreur !
Jia prend son mobile et appelle le peintre.
- Il m'a dit : Ah ! les gens qui étaient pressés de rentrer en Malaisie ! leur chantier n'est pas fini.
Nous éclatons de rire. C'est la bien bonne celle-là :le chantier n'est pas fini !
Jia nous propose alors de prendre à son compte la finition de la peinture du pont. Nous achèterons la peinture. C'est un bon compromis et nous acceptons. Mais le chantier prendra plus d'une semaine maintenant. Ok ! ca vaut le coup !

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Et ça vaut vraiment le coup. Julie nous propose alors de peindre les deux dauphins-dragons de la proue. Oui ! oui ! oui ! Ils avaient été exécutés à Cognac selon les dessins d'un copain prof. Lors du dernier chantier de Pss, Jia nous avait persuadés de les refaire avec du "sticking". Mais nous étions malheureux du résultat. Il y a une grosse différence entre une oeuvre peinte comme nous l'avions auparavant et sa reproduction en papier collant plastifiée. On se disait qu'à la prochaine occasion, on ferait repeindre nos fameux dauphins-dragons. Et voilà ! sans rien demander, Julie nous le propose. Elle se met un jour à l'ouvrage. Elle propose de reproduire à l'identique.
- Mais Julie, tu es une véritable artiste. Pourquoi copier ! tu peux faire cela à la main levée.
Ce n'est certes pas une difficulté pour elle et au moins on participe à l'oeuvre.
- Tu vois, Julie, à l'origine, ces deux dauphins n'étaient pas tout à fait pareils. Le décalqueur, lui, a mis le même modèle de chaque côté de la proue. Nous pourrions imaginer maintenant qu'un dauphin est femelle et que l'autre est mâle.
- Oui, comme Papa Djo et Mama Djo !
- Si tu veux. A toi de voir les détails pour féminiser l'un et masculiniser l'autre.

Bien sûr qu'elle les voit les détails. Les yeux de la femelle sont comme deux petites lunes en croissant, ceux du mâle ont des tranchants de défense et de cruauté. Des formes plus douces et arrondis chez la femelle, plus pointus chez le mâle. Et  nos deux dauphins-dragons revivent sous le pinceau de Julie. C'est superbe !
N'empêche que le temps passe ! le jour de la sortie du bateau s'avance et l'aigle du roof n'est pas encore dessiné. Mais cela n'inquiète pas Julie du tout. Pour elle, tout se fait dans ce domaine avec une facilité surprenante. Nous verrons !

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En attendant, nous nous préparons pour la bouillabaisse géante que je leur ai promis, à Jia et à elle.
Jebilang est un gros centre de pêche. Il y a plusieurs criées où d'importants bateaux de peche viennent décharger des tonnes de poissons et de fruits de mer : crevettes géantes et calamars de la taille des cargos !!! sans compter les poissons en tout genre, grands et petits. On devrait pouvoir y trouver notre bonheur pour la marmite. Les femmes trient laborieusement des quantités astronomiques de calamars et de crevettes déversés en gros tas devant elles. Elles les répartissent selon la grosseur dans de hauts paniers en plastique. Elles commencent à nous connaître et nous indiquent les grosses glacières où les poissons attendent leur livraison.
Le choix est fait pour deux kilos entre un thon et un autre poisson. Nous ajoutons un bon kilo de calamars.

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Julie est à bord pour la préparation de la bouillabaisse. Elle filme carrément la scène où je lui explique en les lui indiquant tous les ingrédients et épices utilisés. Et nous remplissons la cocotte de 20 kg avec épices, pommes de terre, oignons, ail et tronçons de poissons et de calamars. Une fois cuite, notre bouillabaisse va être transportée de main de marin par Patrick jusqu'à la salle à manger de PSS où nos mandibules vont pouvoir la déguster.
C'est un gros succès. Il faut voir Jia et Julie s'absorber dans ce plat nouveau pour eux. Patrick est aux anges et nous, ravis d'avoir réussi ces agapes.

Le lendemain, chez Mamie, nous rencontrons un bon ami, Martin, Argentin de souche italienne. Quelle bonne surprise ! Martin revient d'un convoyage Hongkong-Langkawi. Sa copine, Coralie, est là aussi que nous ne connaissions pas encore et à laquelle nous devons le français très fludide de notre argentin. Ca c'est super sympa de se revoir encore. On nous avait dit que Martin était parti pour plusieurs semaines et nous ne pensions pas du tout le retrouver.
- Eh Martin ! ça te dirait de venir avec Coralie finir une bouillabaisse dans notre local.
Bien sûr, ça lui dit quelque chose mais il viendra seul car Coralie, végétarienne, mange très peu et peut se nourrir d'une feuille de salade.
Du coup, nous retournons à la criée pour acheter des crevettes afin de corser la marmite. On trouve des crevettes géantes. On en achète un bon kilo. C'est la fête. Martin en redemande et nous finissons tous le chaudron.

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- Martin, Patrick aimerait visiter ton catamaran. C'est possible ?
- Mais oui, venez tous au chantier. Avec plaisir.
Le chantier de Martin est tout près de PSS; Il y construit depuis deux ans déjà un grand catamaran avec lequel il compte revenir en Italie. Nous nous sommes déjà donnés rendez-vous là-bas.
Ce catamaran est loin d'être fini mais on peut se rendre compte combien il est spacieux et sera agréable.
- Avec lui, je vais remonter la mer rouge. Il ira plus vite que les pirates !!!!
C'est très possible. Nous avons déjà rencontré un navigateur qui avait réussi à les semer en 2011; Mais les deux catamarans qui le suivaient n'avaient pas eu cette chance et l'un d'entre eux y a laissé sa peau pour les requins !!!! Les pirates l'avaient balancé par-dessus bord pendant que sa femme se réveillait au fond du bateau. L'autre catamaran est toujours sous leur coupe en attente de caution.
- Martin, es-tu au courant pour le barbecue à Pss ce soir ?
- Pas du tout, mais j'y viendrai avec Coralie;

Grosse ambiance Barbecue avec tous les yachties. Nous formons un groupe avec Martin et des suisses sur un Maramu. De grosses crevettes grillent ainsi que des saucisses et chaque bateau a amené un plat délicieux comme accompagnement. Coralie, décidément, ne mange rien. Quand elle décide d'aller au village pour y faire ses courses (de nuit, bien sûr), je saute sur l'occasion car le bateau sera mis à l'eau demain et il nous manque du pain. Il faut dire que Jebilang, de nuit, est un lieu dangereux. Mais Coralie est connue de tout le monde et elle parle thaie, ce qui arrange bien des choses. C'est super d'aller comme ça en moto à travers les rizières puis dans le petit village faiblement éclairé.

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Il y en a un qui arrive pour nous voir, un dimanche, sur sa grosse moto; C'est notre très cher ami Lawrence, connu à Johor Barhu. Il faut le voir sur son vieil engin, une Honda des années 1970 qu'il bichonne plus que son bateau de 17m dont la coque a fini par être grignotée par les vers. Un vrai cow-boy  et un gentlema cependant. Son père n'était rien que moins que le Lord gouverneur de Birmanie du temps de la colonisation britannique et sa mètre française, la secrétaire particulière de la Maharanie de Boroda ! Si nous, nous avons été invités au passage par le Sultan de Johor, lui, il a fait parti de la suite particulière de sa Majesté quand il prenait à cette Dernière l'envie de balades en moto.

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Le bateau est enfin prêt pour la sortie. Adieux à tout le monde, sauf Julie qui est à bord. Elle n'a pas eu le temps de dessiner et de peindre l'aigle et donc elle le fera au mouillage. La mise à l'eau se passe bien. Ce n'est pas comme la dernière fois. La darse était surbondée de bateaux de peche et lorsqu'on nous avait lancé, un énorme pêchou allait s'y engager. Les hommes du chantier lui avaient fait signe de dégager. C'est alors que ce bateau va en chercher un autre amarré au quai et entame un volte face puissant pour regagner la rivière. J'avance doucement et soudain mon bateau ne répond plus. Il est propulsé vers le quai à une vitesse foudroyante. La puissante hélice du péchou avait créé des tourbillons qui avaient entrainé Papadjo et le poussaient vers le quai. Impuissants, nous étions, Hervé et moi. On a juste vu Papadjo plaquer son arrière-heureusement équippé à cet endroit par de gros pare-battages- sur un autre gros pêchou. Cela a fait bing deux fois. Les défenses se sont aplatis sous le choc; J'ai alors senti le bateau se redresser un chouya. J'ai mis plein gaz et le volant à bloc direction rivière et nous avons pu sortir. OUH LA LA !
Cette fois ci, c'est tout cool sauf que je m'aperçois immédiatement que l'eau ne s'écoule pas du moteur.
- Pas d'eau ! pas d'eau !
La tuile !!!
- Vas mouiller quelque part vite fait !
Plus facile à dire qu'à faire en cette portion de rivière assez étroite où des remorqueurs trainant des barges impressionnantes peuvent débusquer dans le méandre où l'on peut mouiller -au plus vite -
Eternel recommencement ! vous sortez d'un chantier et de suite une panne quelconque. Hervé et Patrick se mettent à l'ouvrage. Julie s'installe sur le pont supérieur du bateau et commence son dessin. Enfin les hommes ont réussi à remettre le circuit d'eau; Nous partons au mouillage un peu plus loin. Le soir, Julie n'a pas fini son dessin.

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- Je reviendrai demain le finir et on se mettra à la peinture;
Le lendemain, on s'y met toutes les deux. C'est fabuleux de travailler avec une artiste quand on n'est rien du tout comme moi. Julie fait les contours avec un trait de pinceau d'une précision incroyable et je fais le remplissage. Les ailes bleues et blanches se déploient sur le pont supérieur du bateau.

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Julie peint la tête et l'oeil perçant. C'est terminé. Merci l'artiste !!!!

 

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