KO LANTA

C'est d'un seul bord au près que nous gagnons KO LANTA. Nous passons par des îles très pittoresques comme KO KRADANG où les japonais viennent en masse se marier "sous l'eau".

Le vent forcit. La mer moutonne. Le ciel s'obscurcit à l'horizon et annonce un passage orageux. Nous sommes tout près de la passe Sud de l'île quand une pluie torrentielle nous tombe dessus;

Dans le quasi brouillard de vapeur d'eau, on perçoit au delà de la frange des rochers qui menacent la passe de part et d'autre, un bateau de pêche, à l'abri entre l'île de Ko Lanta et l'île de KO PO. Qu'importe ce que dit notre guide nautique qui ne donne pas cet ancrage ! Rentrons à l'abri au plus vite ! Et c'est ainsi que nous franchissons la passe et jetons l'ancre à une encablure du pêcheur.

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Ce mouillage deviendra "notre mouillage" pour les trois fois où nous viendrons à KO LANTA. Il est d'une beauté tranquille et nous y avons nos habitudes. Du côté sud de la grande île de Ko Lanta, juste au niveau de la passe, on peut voir un village de "gipsies"; ce  sont  des gitans pour les thaies. En fait ce sont des tribus qui vivent dans les îles et y pratiquent la pêche. Ils sont devenus plus ou moins sédentaires, tout en conservant leurs traditions. On peut voir leurs maisons sur pilotis qui s'avancent sur la mer et leurs pirogues de pêche amarrés devant.
En remontant vers le nord, ce ne sont que belles collines vertes de jungle épaisse. Au fond de la baie immense qui s'offre à nous, se cache la vieille ville de Ko Lanta et son embarcadère d'un km de long.
De l'autre côté, c'est la petite île de KO PO qui nous abrite du Nord Est. Elle avance une pointe rocheuse sur la passe et une pointe sableuse vers la baie.

 


Après la pluie, le beau temps; Nous mettons Nénette à l'eau. Hervé se saisit des avirons et en avant pour l'abordage de KO LANTA. Pour la première fois, ce n'est guère facile de se repérer. La grève qui commence à se découvrir est bien rocheuse. Un ruban de sable lui fait suite. Nous nous approchons de piquets qui sont toujours signe de passage de bateau. C'est bon. Il semble y avoir des constructions nichées dans les arbres.
- Ah! mais c'est un cimetière !
Attérir dans un cimetière ! ça, ce n'est pas banal. Et c'est le cimetière des gypsies thailandais.
Il a l'air bien désordre. On observe des bouteilles vides ca et là; Patrick a de l'a-propos.
- Regardez les cadavres ! nous dit-il.
Nous éclatons de rire.
Ce qui est bien pratique, c'est qu'il y a un escalier pour accéder à la route tout là-haut.

Et nous voilà, l'un à la suite de l'autre, sur une petite route qui dessert tout l'Est de l'île; d'un côté, le village gipsy et de l'autre, la vieille ville.
Pour le village gypsie, pas de problème. C'est à un petit km. Mais la vieille ville est bien plus loin. Il nous faut trouver un moyen de transport. On attend patiemment dans un café épicerie  qu'un sangtwae veuille bien se présenter et nous amener à la ville. Mais nous ne voyons défiler que des motos avec soit des touristes soit des gypsies. Pourtant un petit
pick-up passe devant nous dans la direction opposée. Une demie heure après, cette camionnette s'arrete devant l'épicerie.
L'homme qui en descend vient ravitailler la glacière. Patrick s'entretient avec lui. Le type est d'accord de nous prendre quand il aura fini son travail. OK ! Sauvés !
Hervé et moi, nous mettons à l'avant avec le chauffeur et Patrick saute à l'arrière dans la partie découverte du véhicule.
Nous pourrons être vers midi à la vieille ville et choisir un resto à loisir.
C'est que c'est loin, cette ville, au moins 6 à 7 km. On monte, on descend !

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Ah ! le plaisir d'arriver ! Cette ville est très typique car construite aussi sur des pilotis.
Les maisons s'avancent sur une cinquantaine de mètres sur leurs béquilles, dévoilant des terrasses chargées de fleurs où pendent des hamacs. Les restaurants foisonnent avec leur ultime terrasse donnant sur la baie. A marée basse, tout est à découverts sur de la vase. Quand la marée monte, les vagues prennent l'assaut des pilotis et c'est charmant.

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On ne fait pas un très bon choix de restaurant. C'est joli mais il n'y a pas grand chose dans l'assiette et Patrick avoue qu'il vient de manger le plus mauvais "PAD THAIE" de son existence. Le PAD THAIe est un excellent plat traditionnel à base de pâtes, fruits de mers, omelette....
Par contre, on peut faire la sieste sur un lit en bambou pourvu de ces adorables matelas thailandais à dossier avec vue sur la baie magnifique où règne un calme olympien. Avec Hervé, on ne s'en prive pas pendant que Patrick va à la recherche d'un barbier.

Et pour le retour ? Nous rejoignons l'intersection avec la petite route qui mène à notre "cimetière". Il y a là un 7/11 (SEVEN ELEVEN), sorte de petit drugstore qui pullule en Thailande. En sort, une femme gipsy avec ses enfants, sa vieille mère et ses courses. Elle monte sur sa moto et installe ses enfants dans le caddy à deux bancs attelé à sa moto par le côté. Ces petits engins se voient dans toute la Thailande et servent de transport aux familles. Je saisis la chance et demande à cette femme si elle peut nous amener au village. Elle est d'accord moyennant bonne finance. Nous faisons affaire; Elle fait sortir de son caddie sa fille et sa mère.La mère et la fille vont retourner chez elles avec un autre caddy.
Et nous nous installons dans l'engin; Hervé en a déjà conduit un à Satun. Il faut faire bien attention aux équilibres, bien sûr.
On s'amuse comme des fous de l'aventure. Le petit garçon est resté avec nous et Patrick le rassure sur les "Farang" (étrangers) que nous sommes.
Au bas des côtes, Patrick descend car il y a trop de poids pour le petit caddy. Notre gipsy l'attend en haut et le récupère pour la suite. On lui demande de nous arrêter au cimetière. Ca, vraiment la rend perplexe. Quelle adresse, un cimetière !!! Mais si, mais si, c'est là où tous trois nous habitons. Un peu plus loin dans la baie, mais comment expliquer ?

Le jour a baissé. Il fait presqu'obscur quand nous descendons les marches. Les petites maisons qui servent de caveaux se font inquiétantes. C'est à ce moment où on s'effraierait du hullullement de la chouette que Patrick fait entendre un sifflement inquiétant.
- Ah ! c'est que tu t'amuses à nous faire peur !!

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Le lendemain, escapade en face, sur l'île dont la pointe sableuse est une si belle invite. On l'explore côté Ouest, Hervé et moi tandis que Patrick prend l'Est. L'île est inhabitée mais on entend des bruits de basse-cour et il y a un pauvre chien anémié qui nous suit en quête de nourriture pour le raviver. Mais nous n'avons rien sur nous pour lui donner. Triste !!
Par endroits, il y a des amoncellements de coquillages tout cassés;Oh miracle ! on tombe sur un magnifique coquillage intact.

Il y a des lieux où l'on voudrait rester tant ils sont harmonieux et vous apportent cette paix intérieure qui vous enchante. Mais nous avons la contrainte d'un visa qui va bientôt expirer et la date fatidique de mon anniversaire que nous voulons fêter à Phuket avec nos amis canadiens.

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Ainsi, le jour suivant, à l'aube,Papa Djo reprend la passe pour pointer son étrave sur Ko Phi Phi, une des îles les plus populaires et touristiques de Thailande.