PHANG NGA BAY

Il nous reste 4 jours avant le réveillon du jour de l'an que nous passerons à Banit. La célèbre PHANG NGA BAY, sorte de baie d'Along, est à explorer. Autant y aller ! les prévisions météo ne sont pas fameuses. Une dépression rôde autour de la Thailande comme elle le fait en Malaisie et en Indonésie. Tout le monde s'étonne à cette époque de l'année où la mousson du Nord-Est apporte normalement un temps sec, des vents établis donnant de la fraîcheur.

Nous partons de notre QG de Banit qui baigne dans un calme olympien, si bien protégé est-il des vents du Nord-Est. Nous dépassons Sage, le bateau de nos amis Tony et Connie,qui reste  là avec Marcello à son bord.

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Dans la passe, un vent de Nord-Est, bien de face, agite la mer. Plus nous avançons, plus ça creuse jusqu'à en devenir inconfortable. Qu'est-ce que cela sera en pleine mer ? pour l'instant, nous allons grand voile arisée et moteur.
Hervé veut attendre de prendre le bord qui nous conduira à la grande île de KO yAO YAI, avant de rebrousser chemin car les conditions actuelles de navigation, bout au vent, avec 14 noeuds de vent, sont rédhibitoires.
Nous devons doubler le premier rocher en vue pour prendre ce bord. C'est long, c'est fastidieux. Nous avançons tellement lentement qu'on le maudit, ce rocher qui ne bouge pas assez !!!

Enfin le bord est pris. Tout change. Nous sommes au près serré mais c'est faisable. La houle n'est plus contre comme avant. On se réjouit de ne pas revenir en arrière. Et après quelques heures de navigation, nous arrivons dans la belle baie de  AO Labu, baie sauvage où se multiplient les longues plages de sable fin et les mangroves d'où débouchent les Longtails des pêcheurs.

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Tiens, il y en a un qui vient vers nous. Chouette ! nous avons épuisé les kilos de crevettes, de calamars et de poulpe que des pêcheurs nous ont donnés le lendemain de Noêl.
On se prépare à le recevoir avec une défense près à être placée pour éviter les heurts d'un abordage. Le type est tout souriant quand il nous montre des crevettes royales. Ah oui, c'est bien tentant, mais à quel prix ? 1000 baths, mazette ! pour qui nous prend-il celui-là. C'est vraiment trop; On ramène à 4OO; il descend à 8OO. On tient les 4OO; il rabaisse à 7OO; et là, plus question de faire l'accordéon. Eh bien, tant pis ! on peut s'en passer; Je me remets dans mon hamac que j'avais quitté pour le "marché flottant" et reprend mon bouquin. Le pêcheur part. Hervé et Patrick reprennent leurs occupations. Mais, le voilà qui revient et qui insiste ; 700, 700.
KAPUMKA, mais non, c'est trop cher pour nous.

Le temps de la sieste est terminé. On voudrait bien maintenant aller explorer les grandes plages du fond de baie. Il y a cependant un petit problème de taille. Un espèce de gros nuage noir commence à obscurcir notre ciel bleu. Du vent se fait sentir par rafales puissantes. Patrick voit les plaisanciers du voilier d'à côté revenir vite à leur bord avec leur dinghy. La ligne blanche d'un gros grain se précise à l'horizon. Elle va venir sur nous. Tout est fermé à bord.
De fortes rafales prennent les bateaux. Papa Djo tient bien sur son ancre mais le voisin chasse et se raproche de nous. La pluie tombe drue et remplit nos réservoirs.
Quand cela se termine, il est trop tard pour aller à terre. Zut ! pas de belles plages ni de coquillages. Nous partons demain à l'aube pour une autre île, Ko Phanak.

KO PHANAK

A la pointe du jour, nous prenons notre petit déj devant une aube sereine qui répand sa luminosité sur toute la baie lissée de vert bleuté. Un pêcheur que nous avions vu déjà la veille vient nous proposer du poisson : deux petits poissons de roche. Je n'en veux décidément pas. Kapumka et bonne année ! l'homme comprend que je veux du plus gros.

Nous préparons le départ. Moteur est en marche. Hervé et Patrick sont à l'avant. Ils commencent à remonter l'ancre. J'entend un bruit de Longtail. Tiens, c'est le même pêcheur qu'au petit déjeûner. Il me montre un filet plein de poisson. Ca c'est mieux !
- Hervé, Patrick, arrêtez ! on a du poisson !
Cette fois, ce sont quatre poissons genre dorade. Ils remuent encore ! On discute prix et on fait affaire. Il y a de quoi manger pour deux jours et du bon !

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Cette fois, c'est le départ. Nous nous dégageons de la baie de l'île et nous dirigeons vers KO PHANAK, à quelques dix milles de là. Nous devons remonter Nord et le vent est Nordet. Encore du près. Mais cette fois, le vent est si faible qu'on ne peut pas parler de difficulté.
Au loin, on peut voir notre île qui fait parti d'un ensemble de pitons calcaires impressionnants. C'est une baie d'Along qui nous attend. La mer est lisse et reflète le bleu délicat du ciel tout en gardant un vert de mangrove. Tout est magnifique et apaisant. L'approche de l'île avec en arrière fond toutes ces formations calcaires aux formes variées est époustoufflante.
On mouille Papa Djo dans la partie sud de l'île près de deux autres voiliers. Et de suite, nous mettons la Nénette à l'eau. C'est marée basse, le moment idéal pour aller explorer les grottes sous-marines qu'on appelle "Hong" ici. Beaucoup, après un goulet obscur, débouchent à l'air libre. Le meilleur moyen de les repérer est de voir où sont ancrés les longtails chargés de touristes.

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Plus nous avançons le long de Phanak, plus c'est beau et impressionnant. Les hauteurs des falaises sont vertigineuses. Elles abritent des nids d'aigles. Au dessus de l'eau, la roche rongée par l'érosion s'est creusée et s'avance comme un plafond d'où pendent des stalactiques, comme autant de sculptures qu'un artiste aurait pu exposer; On passe dessous avec des exclamations de stupéfactions devant la beauté et la grandeur de tout cette oeuvre de la nature.
Bien plus loin que notre mouillage, nous découvrons enfin une anse toute pleine de longtails et d'autres embarcations qui dégorgent de touristes. Des canoés sont mis à leur disposition et on les voit pagayer vers un trou noir où ils disparaissent les uns après les autres. Une grotte marine !
c'est bon !
- Est-ce que nous avons amené une lampe torche ?
Eh bien, non ! ce que nous sommes stupides !
- On y va tout de même. Les autres pourront nous éclairer.
Ca, c'est ce qu'on verra.

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Pas question du moteur du dinghy. Bien sûr, on n'a pas prévu non plus de pagaie ! il ne reste qu'une toute petite rame qui sert aux manoeuvres d'approche ou de départ de Nénette. Mais les hommes désirent y aller.
C'est donc moi qui me met à genoux à l'avant et qui pagaie tribord-babord pour m'engouffrer à la suite d'un canoe dans le couloir de la grotte. Au début, tout est bien car on y voit. Mais il y a un méandre qui suit. Et là, l'obscurité saisit. Bien sûr devant, il y a de faibles lueurs provenant des lampes frontales des guides de touristes mais cela ne suffit pas à s'orienter.

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- Ah ! je fais demi-tour, maintenant que je peux voir encore quelque chose.
Cependant, c'était sans compter sur le courant montant. La Nénette qui décrit un large virage vers la sortie se trouve projetée vers la muraille dans l'obscurité. On sent des roches dessous. Il faut s'en sortir coûte que coûte, contre ce noir et ce courant. On se dégage de la paroi et rame Evelyn, rame !!!
Deux canoes qui passent s'amusent aux auto-tampos avec moi. Charmant ! rame ! rame ! un moment, j'ai l'impression que je ne m'en sortirai pas tant le courant arrête la barque. En forçant, je gagne sur lui, déporte la barque sur la rive opposée, y rencontre moins de résistance. La sortie est là. Mais dans le goulet de sortie, le courant est bien pire.Peut-être la profondeur est-elle suffisante maintenant.
- Hervé, si tu pouvais mettre le moteur pour nous dégager. Le courant est trop fort pour moi.
Hervé nous fait passer le goulet de sortie et nous revoilà au jour !
- Nous reviendrons demain matin, quand il n'y aura plus de touristes et que nous aurons les lampes torche et la pagaie indienne.
Direction le bateau après avoir exploré le haut de l'île. Il est temps de préparer les beaux poissons. Patrick se charge de les vider et de les écailler à l'avant; Hervé s'occupe des pommes de terre et moi je prépare les sauces et les épices.
Repas divin ! ces poissons sont vraiment délicieux. Patrick aimerait bien une deuzieme assiette. Ah que non ! les deux kilos ne vont pas partir aujourd'hui; Il en faut aussi pour demain.

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Nous avons à peine fini ce bon repas que quelques gouttes de pluie et du vent nous font lever la tête. Grosse enveloppe noire du ciel au sud de l'île.
- Ca y est, cela va recommencer. Il faut vite débarrasser.
Tout le monde à l'ouvrage : les toiles de protection solaires sont vite enlevées, la table recouverte de sa protection, les hublots fermés. Le vent arrive avec la ligne blanche de la pluie. Mais cette fois, il est Sud. Nom d'une pipe, nous ne sommes pas du tout protégés du Sud. Le pire, c'est qu'on voit la mer blanchir et lever de l'écume. Ca, c'est sérieux; C'est signe de vent fort, force 9 à 10 Beaufort.
- Hervé, on ne peut pas rester ici. On a peut-être le temps de lever l'ancre avant que cela nous tombe dessus.
Les hommes vont à l'avant et commencent l'opération. Mais la bourrasque nous tombe dessus. Ah ! c'est violent. Je suis à la barre et m'y cramponne. J'essaie de maintenir le bateau bout au vent pour que les hommes puissent remonter plus facilement l'ancre. L'écume obscurcit la vue. Les rafales se prennent le bateau et le font gîter carrément. Je redresse. Vivement que nous soyons libres de prendre le large. Le bateau près de nous fait des manoeuvres de sortie également.
Enfin, j'entend Patrick qui m'annonce que l'ancre est à bord. Je peux maintenant fuir vent arrière vers le nord de l'île. Mais ce n'est pas si simple. Devant moi, un spectacle dantesque, celui des pitons qui se dressent noirs comme le charbon contre le gris violet des nuages et le blanc de l'écume soulevée par le vent. Bon sang ! c'est superbe ! mais il y a des fronts partout et le vent qui était sud est maintenant nord. C'est la fuite des bateaux de tourisme en tous sens. Les petits pêcheurs en longtails se réfugient sous le couvert des falaises dans l'anse de la grotte. Elle parait bien calme, celle-là, protégée du sud comme du nord. Tiens ! Tiens ! Hervé souhaite que je progresse vers le nord de l'île mais arrivés à l'extrémité, nous nous rendons compte qu'il n'y aura pas de protection de ce côté là. La mer moutonne. Les bateaux nichés auparavant dans les îles limitrophes viennent plutôt dans notre direction. Pas bon, ça !
- Et si on retournait dans l'anse de la grotte ! elle parait plus sûre, celle-là que le reste.
C'est ce que nous faisons et bien nous en prend car l'eau ici est bien calme. On mouille à nouveau. Ainsi demain, on sera à pied-d'oeuvre pour entreprendre l'exploration de la grotte sous-marine.

KO PHANAK ET KO HONG Le 30 Décembre 2014

La nuit s'est bien passée avec cependant un vent de Sud (encore !) qui nous poussait vers la muraille. Seulement 2 mètres sous la quille !

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Petit matin dans cette anse magnifique avec l'entrée de la grotte qui attend notre visite. On y va avec Nénette armée seulement de la Polynésienne (notre pagaie du Pacifique) et de la petite rame de Brunei. Nous précédons de loin les premiers touristes dont le bateau vient d'arriver dans la baie. Aussi la grotte et ses surprises sont pour nous tout seuls. Hervé s'est mis debout à ramer comme un gondolier et je suis à la petite rame sur le devant, Patrick, au milieu, prêt à remplacer. L'entrée est confortable. Il faut éviter un petit rocher et après comme un gros ruisseau qui poursuit sa route en méandres à travers les profondeurs de la roche. Arrivés au premier méandre, là où hier j'ai rebroussé chemin, nous allumons tous nos lampes frontales. Nous progressons dans la semi obscurité. C'est impressionnant. Patrick nous demande un moment d'éteindre tous nos lampes. Du noir complet ! pourvu que ce cours d'eau sous-terre soit franc et qu'il n'ait pas de bifurcations où nous perdre ! Patrick inspecte pour les repérer mais tout est bon et soudain une lumière.

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- Ca y est ! c'est l'ouverture.
En fait, nous ne savons pas de quelle ouverture il s'agit. Ces rivières souterraines qui abondent dans les îles débouchent sur des effondrements de roche, parait-il.
Nous pouvons maintenant éteindre nos lampes pour observer le plafond et les parois de la grotte et voir au fond l'ouverture en trois arches qui laisse entrevoir de l'eau verte. Nous progressons vers la plus grande. Hervé s'est assis maintenant pour passer le plafond. Nous poussons avec nos mains sur la paroi pour faire passer la barque sous cette arche très basse à la roche dentelée. Et soudain, nous débouchons sur un grand lagon tout vert surmonté par d'imposantes murailles couvertes en partie de végétation. L'effet de surprise est total. Le silence dans ce retrait magnifique que la nature a créé à travers le temps, les effondrements, les assauts de la mer et du vent, vous saisit dans votre être. On ne sait plus où regarder. On reste là à s'extasier. Mais y a-t'il suffisamment de qualificatifs pour exprimer notre surprise et notre émerveillement ?
Le lagon circulaire présente une brèche où l'on pourrait peut-être passer. Nous y dirigeons notre Nénette. Et là, sans préparation encore, on nous sert un deuzième lagon, aussi grand et beau que le premier. Ah ! c'est trop ! On ne peut cependant pas trop s'y engager car la marée descend et les fonds sont vaseux et peu profonds. Ce serait un comble de se voir prisonnier du lagon pour 6h attendant que le flot nous délivre.
C'est en revenant dans le premier lagon que nous apercevons les premiers canoes de touristes.
- Vite, rentrons dans la grotte. Nous aurons peut-être la chance d'être encore seuls por faire le retour.
Et cette chance nous est donnée. Quand on sait que des hordes de touristes envahissent ces lieux tout au long du jour, on peut dire qu'on l'a bien échappé belle ce matin.

Nous rejoignons le bateau et nous mettons de suite en route pour rejoindre, deux milles plus loin, KO HONG, distante de quatre milles. On a la vision superbe des pitons calcaires qui sont groupés en un ensemble fantastique. L'un d'entre eux est celui de James Bond; On y a tourné "L'homme au pistolet d'or". Il se dresse bien droit comme un index dans le ciel. Il parait qu'il vaut mieux le voir de loin que de près tant les touristes se marchent dessus pour le toucher et s'y faire photographier. Ce fut le cas de Patrick, il y a quelques années. Mais maintenant au lieu d'une visite d'une heure après un long voyage, il baigne pour deux jours encore dans l'atmosphère surprenante de toutes ces îles.

 


Nous ne savons pas du tout ce qui nous attend à KO HONG; Cependant, c'est sûr qu'avec ce nom là qui signifie "ile de la grotte", nous aurons droit à une autre belle surprise. Hier, lorsque nous essayions de fuir au Nord de KO PHANAK le mauvais temps, nous avions pu voir une quantité de bateaux de touristes se dégager des parois exposées au sud. Il y a donc quelque chose ici.
Dans les guides que nous avons, on parle d'une merveille de la nature, la grotte de Tam Lod et de son arche marine.  L'île  où elle se trouve n'est pas précisée. Serait-elle ici ?
Malgré l'heure matinale, il y a déjà quantité de bateaux dans l'endroit.  Papa Djo s'avance vers l'endroit où convergent tous les touristes, tels des pingoins dans leurs canoes. Bon sang, ils rentrent tous sous une belle arche marine. Ce serait donc ici, cette fameuse grotte ! Pas question cependant de mouiller avec tous ces bateaux. L'endroit est trop exposé au Sud. Nous l'avons bien vu hier. Avec Hervé, nous avons repéré un bon endroit au nord de l'île avec bonne profondeur et protection du secteur Nord et Sud. Nous longeons KO HONG; l'île est magnifique,ses parois rocheuses vertigineuses avec des gargouilles impressionnantes qui s'y suspendent et semblent vous tomber dessus comme pour vous jeter un mauvais sort. Les murailles se parent de striures ocres et jaunes qui forment autant de tableaux d'artistes modernes. Par endroit, elles se séparent pour laisser une petite plage apparaître dans un fond de végétation. Le nord de l'île est enfin doublé et laisse place à une grande étendue d'eau entouré d'îles coupées par des cheneaux.

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Nous choisissons avec précaution le mouillage pour être bien protégés en cas de coup de vent de Sud comme hier. Enfin, c'est fait; Le seul voisinnage que nous ayons ici consiste en plusieurs longtails de pêcheurs.

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Et si on organisait un marché flottant ici ?
- Demain c'est le réveillon et j'aimerais acheter des crevettes pour l'apéritif.
Tout le monde est d'accord; Un longtail semble se diriger vers nous. On le hèle. Il se met à couple du bateau.
- BLA, BlA (ce qui veut dire poisson en Thaie)
Il a l'air de comprendre. Il nous présente cependant des crevettes genre de celles que le Roi Bumipol avale au petit déj. Royales, quoi !!! Ah ! mais c'est qu'on ne va pas nous refaire le coup des 10 000 baths; Le cours de telles crevettes à Satun était de 350 Baths. On va proposer un peu plus. On se met sur 4OO baths et ça marche. Après cette bonne introduction, le pêcheur nous montre des crabes bleus. Ce sont les fêtes n'est-ce-pas ? et Patrick n'a pas encore goûté ces délicieux crustacés. On s'arrange pour un prix honnête et nous voilà avec un bon kilo de crabe. IMPEC !! je vais de suite chercher la cocotte pour cuire mes crabes et les crevettes à la suite. Le temps a passé, nous sommes presqu'à l'heure du déjeûner.
- Et si on allait voir cette grotte maintenant que la marée permet d'y accéder ?
Les hommes sont d'accord. On attèle le moteur à Nénette et nous voilà partis à la découverte.
- Faisons attention car c'est un parc national ici et on devrait normalement payer une entrée. Donc on débusquera vite de la muraille pour rentrer de suite dans la grotte. Si gardes il y a, ils auront bien du mal à nous voir parmi tous les canoes.
Ah, ces français, toujours à la resquille !!!

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N'empêche que ça marche. Mais il y a une quantité impressionnante de pinguoins en canoée qui rentrent sous l'arche repérée ce matin. On prend notre tour.
De suite passée l'arche, nous nous trouvons dans un espace circulaire avec comme seul plafond un ciel hissé sur d'impressionnantes murailles où la végétation s'accroche comme elle peut. C'est fou ça ! Les canoes forment comme un tourbillon de couleur dans cette enceinte secrète. Il faut suivre le mouvement de peur de s'entrechoquer. Et nous nous voyons passer encore sous une voute minérale qui nous conduit vers quelques eaux vert émeraude. Quand nous débouchons de la grotte, c'est pour nous retrouver dans un lagon immense qui se déverse en mer de chaque côté d'un immense piton, genre celui de James Bond. Bon sang, ça a de la gueule tout cela !!!

 

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Mais qui y a-t'il a droite, comme un petit étranglement où l'eau s'engouffre. On y va et on se retrouve devant une petite plage et une brèche qui donne sur la mer. - Ce serait super de revenir ce soir quand tout le monde sera parti.

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-On pourrait même prendre l'apéro sur la petite plage.
- Ah ! mais c'est une très bonne idée, Patrick.
Nous revenons au bateau en prenant une sortie par le piton au fond du lagon. Tournant après sur la gauche, nous pouvons retrouver le grand lagon où se trouve notre Papa Djo;

Vers les 5h du soir, à nouveau nous voilà dans Nénette. La Polynésienne et la Brunei sont de la sortie également. Nous reprenons le chemin du piton. En virant dans le grand chenal qui nous y mène, on avise une jolie plagette bien tentante. Une petite case en bambou bien coquette. Peut-être est-ce une guinguette de la jungle où on sert une bière fraîche. Hervé y fait route.
- Arrête ! il y a des drapeaux et un panneau avec des indications. Si ça se trouve, c'est le poste des gardes du parc.
Demi-tour immédiat et direction l'entrée du piton. Il n'y a quasiment plus personne dans les lieux : Un ou deux pinguoins à canoé qui se dirigent vers la sortie de la brèche. Tout est à nous !
Et d'abord la grotte à l'arche. Nous y rentrons donc côté lagon. Et nous sommes seuls dans cette espace extraordinaire; On y reste donc du temps, du temps à lever la tête, à observer les détails de cette merveille, à s'imprégner de ce lieu magique.
-Regardez, il y a une grande cavité de ce côté-ci et cette stalactique ressemble à une énorme fleur.
- Oui, c'est comme une tulipe à l'envers.
Le soleil qui commence son déclin lance des reflets dorés sur la pierre. La mer haute maintenant clapote contre la roche.
Il est temps d'aller à l'apéro sur la petite plage repérée ce matin. Mais elle a disparue sous le flôt. Nous sortons en mer par la brèche. Ca clapote ici. Nous rentrons à nouveau dans le grand lagon et ressortons par le piton. Quelle expérience !
Retour au bateau. Un beau coucher de soleil s'annonce.
-  A défaut de plage de sable, venez sur la plage avant du bateau. On va y prendre l'apéro au soleil couchant.
Nous amenons les coussins bleus, le petit blanc bien frais et les  biscuits salés.

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Le soleil décline en se découpant tout orange dans des nuages qu'il festonne tout en striant le ciel de traces jaunes. On reste à le contempler et à bavarder.

 

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De lourds nuages commencent à envahir le groupe d'îles et le piton de James Bond. Une première goutte et du vent nous font interrompre ce merveilleux intermède dans une journée chargée de surprises et d'émerveillements.
Il est temps de préparer une bonne soupe de poisson pour ce soir avec le reste de nos daurades. La pluie commence à tomber. Elle remplit notre citerne. C'est cependant dans le cockpit que nous dégusterons plus tard la soupe.
Demain, retour à Banit et réveillon au Beach Restaurant !!!!!