LA REMONTEE DE LA RIVIERE DE SHANGI

C'est bien joli ces histoires de Sultan, mais enfin ! croyez-vous que quelqu'un préoccupé par ses centaines de voitures coloriées ultra-rapides, ses bateaux courant la mer comme des fusées, soit assez riche de son temps pour aider notre pauvre Papadjo !
Vous avez la réponse. Nous passons à d'autres choses.
C'est en discutant avec un charmant petit couple de Singapour que nous trouvons une solution : partir d'ici. Bien sûr, nous n'avons pas de moteur en état de marche. Mais, voyons, nos voiles  sont prêtes à se gonfler du vent qui viendra. Bien sûr, il faut y croire. Nous allons entreprendre un parcours extrèmement risqué car Singapour, le plus grand port de l'Asie, est ceinturé littéralement d'énormes cargos, soit au mouillage, soit en mouvement dans les mouillages, soit en route sur les rails.
Vairam et Hervé étudient la route. Normalement, nous devons quitter la marina et descendre la Shangi rivière en profitant d'abord de l'étal de marée haute et en se faisant ensuite porter par le jusant.
 Le vent du Nord-Est sera avec nous. A la sortie de l'embouchure, nous essairons d'atteindre un ancrage possible et d'y mettre la pioche pour la nuit.
Une navigation tout autour de Singapoure jusqu'à l'embouchure des Johor Straits est très faisable avec le vent annoncé tout en tenant compte des courants. Pour les cargos, c'est à traiter sur place. Troisième étape sera la remontée des Johor Straits cad d'un bras de mer qui ceinture Singapour dans la terre vers Johor Bahru, en Malaisie et Danga Bay Marina, notre destination.
Vairam suggère que nous pouvons nous mettre en attente avant l'embouchure en cas de courant contraire dans les straits.

Je téléphone à un ami juste pour lui demander de nous cueillir quand nous arriverons à Danga Bay.
Mais, il se propose de suite de venir nous chercher à trois milles de l'entrée des straits. C'est un perfectionniste. Il manage carrément notre remontée, horaires, rapidité .....Nous avons déjà préparé tout ça avec Vairam, nous ne sommes pas tout à fait des demeurés de la voile, mais bon, c'est super sympa tout de même !

Le jour J, Hervé a le temps de plonger sur l'hélice dans le but de la fixer, avec dans la main un  pneu de vélo pour ligaturer l'arbre de transmission du moteur afin de prévenir toute entrée d'eau en navigation.
Il plonge donc et remonte aussi sec :
- Quelque chose ne va pas ?
- Ah ! tu ne pourras pas le croire ?
- Mais quoi donc ?
- Je voulais fixer l'hélice. Mais ce n'est pas la peine;
- Ah bon !
- Elle est prise dans les noeuds d'un bout.
- Comment ça ?
- Oui ! quand nous avons démarré le moteur, un autre bout a coincé l'hélice. C'est pourquoi le moteur s'est arrêté. Et tu verras ! c'est comme une grosse pieuvre. Il y en a encore plus que la première fois.
- Qu'est-ce-que tu vas faire ?
- Rien ! on laisse comme ça. De toutes façons on ne peut pas faire marcher le moteur puisque la boite de vitesse n'est pas remise en place.
- Alors tout le travail que vous avez fait G et toi est inutile ?
- Certainement ! le moteur ne marche plus parce que l'hélice a été à nouveau bloquée.
Ah ! c'est Dieu pas possible !!!! Prendre deux bouts dans l'hélice en l'espace d'un quart d'heure environ !

L'étal de marée haute est vers midi. Nous préparons le bateau activement.
- Evelyn, nous hisserons la grand voile à quai.
- Mais tu n'as pas peur .....
- Non, nous allons doubler nos amarres. Sitôt la grand voile hissée, je lâcherais l'avant. Tu manoeuvreras pour dégager le bateau. Normalement, le vent le déhalera du ponton et je viendrais vite à l'arrière pour larguer les amarres de l'arrière.
- L'arrière, je peux m'en charger.
- Ok ! on y va !
Hervé hisse la grand voile. Un petit vent de travers s'y engouffre et la gonfle. Vite, Hervé largue l'avant; le bateau se dégage par la proue. J'assure la sortie à la barre et me précipite pour désamarrer l'arrière. Ca y est, nous sommes libres. Le bateau dégage bien sur le grand plan d'eau juste devant les maisons du sultan.
- Paré pour le virement !
- Paré !
Nous virons pour rejoindre l'extrémité de notre ponton et prendre ensuite la sortie de la marina.
Le vent faiblit à ce moment-là. Hervé donne du génois pour prendre de la vitesse. Le bateau reprend. Nous passons le ponton. Panne de vent à nouveau ! ciel, à ce train-là, on n'arrivera jamais à passer le goulet entre la berge et la jetée de pierre de la marina ! Je retiens mon souffle peut-être pour en donner davantage à la voile. La berge se rapproche dangereusement. Il faut tenir. Et nous réussissons à passer!
- Nous aurons plus de vent en aval. Ne t'inquiètes pas !
Et c'est vrai ! nous descendons la rivière avec les souffles qui nous viennent de moins en moins espacés et une brise plus soutenue ensuite. C'est magique, ce silence, ces berges de mangrove d'où s'échappent quelques aigrettes blanches, les deux voiles gonflées qui font glisser le bateau sur l'eau à peine ridée.
Il faut une heure pour rejoindre l'embouchure de la rivière. Nous en sortons sans problème et avançons maintenant au-delà de la bouée verte près de laquelle notre hélice avait pris ses deux bouts.
- Cherchons un mouillage approprié avant la ligne des cargos et des grues flottantes. Dès que tu trouves 8 mètres, on lance l'ancre.
Tout se passe bien. Je trouve une bonne profondeur dans les 8 mètres. Il fait beau. Le vent a commencé à bien souffler mais il est du Nord-Est et c'est bon augure pour demain.

LE TOUR DE SINGAPOUR A LA VOILE

C'est à 5h du matin que nous nous levons pour être fin prêts au lever du jour entre 6h30 et 6h45.
Depuis Bornéo/Santubong, le guindeau ne marche que manuellement et il faut du temps pour remonter l'ancre. Le vent est très faible, de secteur Nord-Est, mais il doit forcir dans la matinée vers 8 à 10 noeuds pour atteindre les 12 dans l'après-midi.
Le jour point à l'horizon lorsqu' Hervé a réussi à remonter les trente mètres de chaîne. Il hisse de suite la grand-voile. Nous nous dirigeons vers la première lignée de cargos, de bateaux-pilotes, de grues flottantes. La mer en est hérissée de partout. Notre allure est vraiment très lente.
 L'île de Singapour s'avance vers la mer en s'arrondissant. Le rail  montant et descendant des cargos venant de Chine et du Japon suit cette courbe souvent de très près et Il n'y a pratiquement pas d'air entre l'extrême pointe sud de Singapour et le rail des cargos allant ou revenant de la mer rouge. Dans ce réseau marin complexe, s'ajoutent le mouvement des vaisseaux qui rentrent ou sortent des différentes installations portuaires essemées sur toute la côte ou du port principal de Singapour et le mouvement des cargos qui lèvent l'ancre de leur mouillage pour rejoindre soit le port soit les rails.
Pourtant il faudra bien que l'on passe, dans l'espace restreint mais toujours en mouvement entre les lignées de cargos au mouillage et les deux rails. Panama, c'est de la rigolade à côté !

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Nous réussissons à passer la première lignée de cargos en tout début de notre épopée. Il nous semble que les gros monstres que nous parons sont encore bien assoupis en cette heure très matinale. Une heure après, alors que notre progression est toujours très lente, un premier cargo lance la fumée noire de départ. On le prend à son arrière. Arrivés plus près, on entend les chaines qui remontent. Tout va bien mais on dirait qu'il a donné l'envie de décoller aux autres. Les bateaux pilote noirs et trapus sillonnent maintenant la mer ainsi que les garde-côtes de couleur rouge. Le rail que nous voyons bien maintenant est en mouvement continu de cargos se suivant à intervalles réguliers. Un peu plus de vent fait notre affaire. Nous sommes attentifs à tous les mouvements qui se font pour parer le plus tôt possible dans la limite -très faible- de nos possibilités.
Enfin, la pointe Sud annoncée par un promontoire rocheux et boisé surmonté d'un phare. Aï ! je m'aperçois que cela ne va pas être si simple que ça. Le Rail de ceux de la mer rouge se rétrécie vraiment à cet endroit d'autant plus que de gros cargos en profitent pour y rentrer ou en sortir, juste là, précisément. Mazette ! c'est pas la joie ! On en vient à raser littéralement le rail pour éviter d'être pris en sandwich par les cargos qui viennent le rejoindre. Pourtant, il faut parvenir à passer ce cap sans rentrer dans le gros mouvement. Une occasion se présente enfin. On y va pour la pointe. Et c'est paré. Après, il y a nettement plus d'espace pour manoeuvrer, ce qu'on croit. Zut ! un rail pour rentrer au port de Singapour. Je le vois cet énorme mastodonte, couleur gris vert qui prend la direction de l'île. Je le vois sur nous, sa bouche monstrueuse de quelques vingt mètres de large. J'en perd la parole mais pas lui. Il nous envoie trois coups de semonce par la corne de brume.
- Hervé, celui-là vient sur nous ! tu as entendu ! il vient sur nous !
- Papadjo ne peut pas aller plus vite.
- Comment ça ! le cargo ne va s'arrêter pour nous. Fais quelque chose !
- Change d'allure ! on va remonter au près, comme ça on prendra un peu de vitesse.
Nous remontons au près, vers le rail. On voit défiler les vingt mètres de proue de notre cargo et enfin, nous voyons se dessiner le côté tribord de notre monstre. C'est bon, on l'évite. Et la masse terrible nous passe à l'arrière.
Pas le temps de respirer que nous revoilà en sandwich entre un autre de ces ogres et un ensemble de quatre grues jaunes remorqués par quatre bateaux pousseurs. Je les croyais à l'arrêt celles-là. Mais pourquoi faut-il que tout bouge dans tous les sens maintenant. On se concerte. Peut-on passer devant les grues ? Ca nous permettrait de garder notre ligne  et de parer avantageusement le cargo. Eh bien non ! c'est trop dangereux. Il faut prendre à l'arrière ces foutues grues et ce n'est pas rien, le terrain qu'elles nous prennent. Pourvu que le cargo n'en profite pas pour nous enfourcher ! Ca passe ! Ouf !

L'ENFER DES JOHOR STRAITS

Et maintenant nous atteignons la côte "no man's land", convoitée par la Malaisie et Singapour, au bout de laquelle nous allons virer pour rentrer dans les Johor Straits, ces Johor Straits qui nous conduiront au final à Danga Bay, tout près de Johor Barhu, la capitale de l'Etat de Johor où notre bon Sultan a son palais.
Nous envoyons un coup de fil à notre ami.
- C'est bon, vous êtes dans les temps. Remontez trois milles en amont. Mettez l'ancre et appeller moi je viendrais vous chercher.

Ok ! Ok ! c'est facile à dire, mais pas facile du tout à réaliser quand nous commençons à évoluer dans les Johor Straits. D'abord, punaise, nous avons vent et courant contraires. Est-ce que notre ami avait prévu ça dans son planning ?  Et le courant ici est sérieux tout comme le vent qui forcit bien. Quelle chance ! pour ajouter au tableau, toute la grande bouche navigable des Johor straits est un damier imposant de cargos au mouillage. Pas n'importe lesquels, dans les 2OO mètres et plus de long avec des bouches de 10 à 20 mètres. Et il faut remonter ça au près avec le courant contre !!! Hervé voit de suite la difficulté et me demande d'appeller l'ami. Mais j'hésite. Ce dernier a été vraiment péremptoire, voire légèrement dictatorial. Je pense l'appeller un peu plus tard. Nous nous engageons donc dans la bataille. De suite, on reçoit la leçon. Il faut prendre au plus près l'arrière d'une énorme grue au mouillage avec quatre bateaux pousseurs au derrière de façon à parer l'imposante proue du premier cargo lui-même au mouillage. Hervé m'a laissé la barre et est rentré à l'intérieur vérifier la route. Le vent à ce moment-là est instable et je ne tiens pas un bon cap. Quand Hervé revient, il m'engueule carrèment :
- Comment as-tu fait ? laisse-moi la barre ! nous n'aurons jamais le cargo avec ce cap-là ! Et si nous ne réussissons pas, nous manquerons les trois prochains
Il prend la barre devant ma déconfiture mais rien n'y fait, nous ne pouvons pas remonter le cargo de façon à le parer sans danger avec le courant qui nous déporte dessus.Hervé prend donc la décision de le prendre par son arrière.
Et c'est fatal. Comme de gigantesques saucisses flottant dans une énorme marmite, les autres cargos nous narguent. Impossible de les remonter sans moteur. Nous sommes trop au près et trop déviés par le courant. Et d'une saucisse, et d'une autre ! c'est infâme.  Et, suivant l'adage : au près, on fait deux fois la route et trois fois le temps. Et ici, avec le courant contraire et les cargos tels des écueils, on peut mettre quatre à cinq fois le temps. Cela veut dire, qu'on ne progresse pas.
Je téléphone à l'ami qui doit venir nous chercher.
- Nous sommes dans de très mauvaises conditions pour aller à temps au mouillage prévu.
Il m'annonce qu'il ne viendra que demain ! et vlan ! le plan par terre.
Alors, inutile de chercher de progresser dans ces straits. Cherchons un mouillage pour la nuit.
Mais c'est calvaire. Il faut d'abord bien remonter la ligne de tous ces cargos pour assurer un mouillage tranquille. Et il faut aussi trouver des profondeurs convenables. Donc, on se tape un long bord pour rattraper l'arrière du dernier cargo en ligne, le parer, bien le dépasser et virer pour bien le remonter. Le vent a forci, le courant est dément.  Après le virement de bord, la grand voile réparée au milieu de la mer de Chine rend ses bandes qui n'étaient que collées. Ca me rend folle !
- Evelyn, dès que tu trouves une profondeur correcte assez loin du cargo, on y va !
- D'accord, mais il faut au moins affaler la grand voile.
- Impossible, si on l'affale, on n'avancera jamais assez avec le génois seul !

 Ah ! ce n'est pas vrai cette histoire ! ça devient cauchemardesque.
-Dis-moi, il faudrait tout de même rentrer le génois avant de mettre l'ancre.
- Certainement pas ! on aura toutes les voiles dessus quand je jetterais l'ancre.
- Eh bien ! dis-moi comment je fais.
- Dés que tu as la profondeur, tu mets bout au vent et tu lâches la grand-voile immédiatement. Et aussitôt après tu lâches le génois.
Ah ! c'est fou, tout ça ! mais il faut s'exécuter.
Je trouve 10 mètres. Je hurle !
- Vas-y pour l'ancre !
Je lâche la grand-voile qui fait un bruit d'enfer en fasseyant et je lâche ce foutu génois qui en fait encore plus.
Hervé a balancé l'ancre. Il se précipite au pied du mât pour affaler la grand-voile. Je le rejoins sur le pont et à deux on la maîtrise. A nous deux le grand génois. Ca y est, c'est fait. On se retourne. Oh ! horreur ! on a l'impression d'être trop prêt du grand cargo. Et en regardant la profondeur, nous sommes à 20 mètres !
C'est une espèce de désolation qui s'empare de nous. Nous sommes accablés à ce moment précis.
- Hervé, quand nous étions à 10 mètres, nous étions loin de ce cargo, le Taurus. On a dû chasser sur lui avec le courant, les voiles encore là. Je ne sais plus.

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Mais bon sang ! quel cauchemar ! l'ami qui ne vient pas alors que nous faisions cette route infernale pour aller à son rdv, notre Papadjo sous la menace d'un horrible cargo au nom de Taureau! une nuit de veille qui s'annonce pour nous car avec ce vent et ce courant, il nous est impossible de remonter l'ancre sans moteur.
Et où aller avec la grand voile abimée !!!!
Nous organisons les quarts de nuit. Les quarts se passent les yeux rivés sur la position du Taurus. Pour notre chance, le vent donne toujours et malgré la renverse, le cargo ne se retourne pas. Pourtant Hervé m'avoue que pendant un quart, il l'a vu de travers, très proche de nous et il a eu très peur. Nous avions convenu d'une stratégie au cas où le cargo se retournerait : nous larguerions du bout pour nous éloigner le plus possible et le reprendrions dans le sens inverse.
Au petit matin, pas de dégât. Taurus et nous semblons nous ignorer à distance respectable.

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L'ami appelle. Il sera là vers 10h du matin.
La remontée sur Danga Bay se fera cette fois avec le courant.
Nous préparons nos défenses car les deux bateaux seront mis à couple. Et les voici. Il y a aussi un autre couple qui vient prêter main forte. Super ! on va pouvoir se dégager de cette mauvaise situation.
Papadjo est vite pris en main, bien amarré à couple. Passons à la remontée de l'ancre. Or il faut le dire de suite, le relais électrique du guindeau ne marche plus depuis notre dernière escale à Bornéo. La remontée de l'ancre se fera donc à la manivelle du winch.
Cela risque de prendre un temps appréciable car il nous faut remonter 50 mètres de chaîne.
Hervé et K se relaient. Le problème, c'est la pression qui s'exerce sur la chaine provenant des deux bateaux. C'est une pression terrible qui ébranle même le guindeau et finit par casser une de ses pièces. Le guindeau devient inutilisable. L'ami qui ne voit pas de progression rapide devient extrèmement nerveux. On décide de remonter la chaine au winch. Il faut de la force et aussi de la patience. Mais il y a une sacrée atmosphère électrique. L'ambiance est aux nerfs. Plus L'ami est nerveux, plus les autres se tassent dans le silence. Et puis, le travail se fait tout de même! à quatre avec les Australiens, on arrive à la monter cette foutue ancre.
Quand elle est là, les deux bateaux dégagent. La remontée vers la marina se fait ultra silencieuse côté des équipages. Bonjour l'ambiance ! mais après le cauchemar d'hier et la nuit blanche, Hervé et moi sommes blindés. Je n'ai qu'une hâte, mettre le Papadjo à quai. Et là, on arrête pour un certain temps cette navigation de G M - Grande Merde - pour les intimes !
Quand Papadjo se trouve sur le ponton de Danga Bay, accueilli par les voisins, des amis arrivés avant nous, un grand soulagement se produit. C'est la fin des tribulations, la jubilation de l'arrivée sains et saufs, le retour à la normale. Plus de cargos dans le dos, le côté, le devant ! plus de courants contraires ! plus de bouts ou de filets dans l'hélice ! que l'eau calme et détendue de ce lagon immense devant nous.

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Une semaine plus tard, nous déjeûnons avec Vairam et Aisha, nos hindous de Sebana Cove.
- Hier, sur le voilier de mes amis, nous avons essayé de remonter les Johor Straits contre le courant. Eh bien ! au bout de deux heures, on en a eu marre et on a rebroussé chemin.

C'est bien les gens qui comprennent !!!

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