Le Dimanche 8 Août, nous partons enfin de Raiatea pour rejoindre Bora-Bora et nous mettre en instance de départ pour notre traversée jusqu'aux îles Samoa, via l'atoll Suvarov.

Il y a bon vent, mer agitée au large de Bora et quand nous approchons, nous sommes saisis par la violence des vagues qui se fracassent sur la barrière de corail, formant un grand V blanc d'écume contre les eaux turquoises du  lagon. C'est à frémir et on imagine aisément que par tempête, il n'est pas bon de s'y frotter. En arrière plan, la masse sombre du fameux rocher de Bora, très sombre et menaçant. Car Bora, ne va pas nous la faire dans le genre paradis pour voyage de noce.

Après la passe, nous cherchons un mouillage. Toutes les bouées sont prises devant le YC; Les profondeurs de 25 à 3O mètres ne sont pas propices à l'ancrage, surtout sous les rafales puissantes que déverse le rocher. On nous a indiqué des mouillages idylliques côté Sud-Est. Nous y allons. Dés que nous avons contourné l'île, nous sommes pris de plein fouet par un vent fou et décidons de mouiller près d'un motu.
C'est très joli, mais pas trop abrité. C'est très joli, mais bien gardé par des chiens loups qui n'hésitent pas à attaquer en eau peu profonde. Et le rocher, vu de l'Est, ressemble à une énorme machoire où se détache une canine redoutable. Le vent, les chiens, la canine, tout cela est lugubre. Et que sera la nuit, sans lune, avec ce vent hurleur et froid. Un abysse, un cauchemar noir, des sifflements et des hurlements sans fin. Et si le bateau chassait !
Au petit matin, Papadjo est toujours devant la canine du rocher et les canins de la plage.
- On dégage après le petit déj.
Unanimité dans l'équipage. Cette fois, nous sommes poussés par le vent toujours aussi fou et nous rejoignons le côté sous le vent de l'île. On est prêt à payer une fortune pour une bouée au YC; Espérons qu'il y en a une. Un cata se dégage juste lorsque nous arrivons. Et là, c'est le bonheur. Le mouillage est très protégé et très joli. Nous consultons de suite la météo. C'est bon pour demain. Il y a une amélioration, des vents de 15-18nds. Dernières courses, derniers au-revoir par internet. Et le petit matin nous accueille radieux; La voile est hissée, la bouée larguée et en avant pour la passe puis le large. Vision magnifique de la mer bleue ourlée de blanc qui se dévide comme un tapis. Bora s'éloigne frappée des premiers rayons du soleil.

Au revoir, la Polynésie ! au revoir tous les amis !