Traversée Philippines Malaysie/Octobre 2012

I Départ un Vendredi pour la Malaysie

Veille du départ de Puerto Princessa sur l'île de Palawan, dans les Philippines.

Nous prenons la dernière bière chez John and Cissy, à Abanico Yacht Club. Pidgi, notre adorable serveuse n°1, est venue nous servir; Elle ne veut pas croire que l'on parte.
- Mais, Pidgi, il y a un jour pour arriver et un jour pour partir !

 Il y a là une bande d'australiens qui conversent à la table de John, le maître et l'âme du lieu malgré sa consommation excessive et continue de vin blanc. John, en cette fin de soirée, est tout recroquevillé sur lui-même comme en position de foetus. Va-t'il tenir jusqu'aux adieux ? C'est que nous avons passé bien du temps ici, du très bon temps. Ce Yacht Club est un des plus chaleureux que nous connaissons. C'est l'un des plus beaux, aussi, bâti sur pilotis au fond de cette merveilleuse baie de Puerto Princessa. Nous y assistons toujours à des couchers de soleil fabuleux. Nous y sommes chez nous avec des contacts permanents avec les yachties qui passent, de toute couleur et de toutes nationalités.
Bill, l'américain que nous avons connu à Palau vient s'assoir à notre table. Vraiment sympa, ce type.
Dans quelques semaines, lui aussi prendra la route de la Malaysie.

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Les dernières journées ont été  vraiment dures. Le moteur a fait des siennes comme pour dire que nous nous étions absentés trop longtemps.  Le démarreur a craché des flammes, l'alternateur faisait du boucan et  au dernier moment,  la pompe d'eau de mer avait la goutte.
Nous sommes partis en ville en cyclo-pousse pour la faire réparer et sommes revenus avec le garagiste qui nous avait réglé l'alternateur.  Mise en place de cette foutue pompe. Ah ! Pour ça, elle ne fuit plus. Mais elle ne
marche toujours pas. Le garagiste  baisse les bras. Ce n'est plus de son ressort. Il faut s'adresser à un spécialiste des pompes de moteur nautiques. Et quoi encore !

Hervé et moi, on se met au travail. Nous pensons que la pompe doit être amorcée. Mais rien n'y fait de nos tentatives . En désespoir de cause, après avoir remis pour la unième fois de l'eau de mer dans le circuit, je mets le moteur  plein gaz et je hurle :
-Tu vas la cracher ton eau, nom de Dious !
Et elle crache, la madame. Comme quoi, un peu de brusquerie ne fait pas trop de mal. Nous pouvons enfin partir.

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Au club, Cissy arrive de la ville. Ca tombe bien, nous allons pouvoir faire nos adieux à tout le monde maintenant. Après Cissy, Lord John. Bien sûr, je n'y échappe pas, il me fait le baise-main et j'échappe de justesse à son gros nez tout boursoufflé.
- Mais vous ne pouvez pas partir demain !
- Et pourquoi pas,  John ?
- C'est un Vendredi. Et la lune est bien brouillée …... et..... et .
- Stop, John ! Tant pis pour le vendredi. Après tout, on peut considérer que nous avons déjà atteint notre destination : l'Asie du Sud-Est. Et puis, on ne va tout de même pas laisser passer ce bon vent du Nord-Est qui est portant.
- Eh bien ! Vous me direz si rien ne vous est arrivé de facheux.

Hervé  largue la bouée.  Papadjo se glisse dans le mouillage et nous donnons de la corne de brûme pour réveiller les flamands belges dans leur bateau.

- A bientôt, à Kudat !
- A bientôt !