Novembre 2011/Rock Islands/Palau


Imaginez une petite musique ! un jazz doux ? non ! un rock lent,
alors? que non, vous n'y êtes pas, mais pas du tout ! C'est une
petite musique de lagon.

Imaginez un musicien ! un pianiste, un violoncelliste, un flutiste
? que non, vous n'y êtes pas, mais pas du tout ! C'est un oiseau,
voyons ! un oiseau du lagon qui, jour comme nuit, joue
continuellement sa petite musique de lagon. Et, souvent, ils sont à
deux à enchanter le lagon.

Imaginez une couleur ! du bleu ? commun ceci ! cherchez mieux ! un
vert, peut-être ? vous approchez. Un vert de lagon, un vert qui
tient du bleu et du jaune, qui miroie au soleil, un vert
indéfinissable où le regard plonge incrédule. Vous l'avez, vous y
êtes !

J'imagine une île ! non, désolée ! pas une île, mais des îles !
des îles grandes ? non, de toutes petites, des mignonnes,
rondelettes, bien assises sur leur socle de roche.
Des îles avec des arbres ? oui ! beaucoup d'arbres, de toutes les
essences, dans toutes les nuances du vert, des arbres qui épousent
la forme de la roche et composent des dômes de dentelle.
Et la mer ? Ah ! vous ne pourriez la voir ! Elle est dans le filet
des îles.

Le lagon alors ? Ah ! comme vous êtes chiche ! non pas un lagon
comme vous dîtes, mais des enfilades de lagons ! car
les îles innombrables, avec de petits passages lumineux entre
elles, engendrent continuellement des lagons aux eaux d'émeraude
avec de temps à autre, au fond, une plage d'un blanc éclatant.

Et ces îles ont des becs, des becs pointus pour signaler les
passages, et les coraux qui habitent dans les fonds. Ah ! les
coraux ! imaginez la gorgone du Pacifique ! vite, un livre sur les
coraux ! que non ! plongez ! voyez la merveille ! celle des
Caraibes ne vaut rien à côté. Elle, celle du Pacifique, c'est une
dentelle d'un rose aérien, quelque fois parme, nervurée de rouge
vif. Et quelle beauté, quand une bande de poissons papillon jaunes
à oeil noir s'amusent tout autour ! Vous avez laissé la couleur du
lagon pour trouver celle du jardin des coraux : des bouquets rose,
jaune, blanc, bleu, marron, beige, orange, vert même. Vous suivez
la-dedans le joli fouet jaune du poisson cochet, le perroquet
multicolor, les chirurgiens noirs tout sérieux avec leurs marques
jaunes, les admirables équippidés comme des geishas en kimono noir
et blanc et vous tombez sur un bouquet d'anémones héteractis
magnifica, rose pâle, défendue par une petite troupe d'adorables
poissons clown orange à trois bandes blanches. Pause !

Et on reprend. Tiens ! une tortue qui broute les fonds ! vite elle
se cache dans l'infractuosité d'un corail, laissant entrevoir juste
sa petite tête. Passons ! laissons-la tranquille ! Oh ! quelque
chose passe, quelque chose de gros ! Zut ! un requin, un requin de
belle taille. Il file vers l'autre lagon et vous, vous filez vers
la barque.

Vous y êtes ? oui, mais comment ? en bateau, voyons, c'est bien
mieux et si vous le voulez, sur le Papadjo. Ainsi, vous êtes dans
les Rock Islands, au milieu d'un lagon qui donne sur un autre lagon
et sur un autre, et un autre; Vous êtes entourée de petites îles
champignons, toutes mignonnes et toutes vertes. L'oiseau musicien
donne sa petite musique de lagon, jour comme nuit. Sur la surface
émeraude du lagon, des Swiftlets, de petits oiseaux de mer, comme
de grande hirondelles à tête et bec blancs sur leur plumage noir,
rasentl'eau lisse. Vous les suivez du regard comme ils longent les
pourtours des îles à la cueillette de petits poissons.
Tout cela vous occupe ! vous avez tout oublié, le quotidien, la
routine. Mais ce vert des îles si mélangé de tous les verts, ces
lagons merveilleux aux passages secrets, cette vie de l'air et de
l'eau, ça, impossible à oublier ! la beauté dans les Rock-Islands
de Palau, est impossible à oublier.

Dommage pour nous, cette merveille se trouve de l'autre côté du
globe, à 7 degrés de l'équateur. Une autre vie pour y retourner !