Sur la route des Marquises, vous trouverez les Galapagos, tant décriées aujourd'hui pour l'arnaque et la vie chère, si bien que beaucoup de bateaux n'y font pas escale. Bien dommage ! Il y a, c'est sûr, un tas de requins tout autour du bateau quand vous arrivez, de toutes sortes, des gros et des petits avec leur attaché-case accroché à l'aileron : agent Ricardo, Fernando.....
Il suffit de les tenir au crochet  et de temps en temps leur faire sentir le métal pour que tout se passe bien. Le nôtre, c'est Fernando. On l'a bien crocheté et au lieu des 15O Dollars de commission que tout le monde autour de nous a payés, nous lui en avons fait avaler la moitié.
Malgré tout, dans l'île, il y a d'autres espèces et ça, c'est magique.
La baie où mouille Papadjo grouille d'otaries. Dès qu'un bateau arrive, pour peu que sa plage arrière soit confortable, elle est investie par une otarie qui pousse souvent l'audace de s'installer dans le cockpit. Nous avons comme ça des visites. Ces dames sont tout de même soucieuses de savoir jusqu'où va votre hospitalité et dès le moindre grognement de votre part, elles s'échappent en plongeant. De temps à autre, elles aussi ont des surprises. Voulant investir notre petite barque, une otarie a pris la tasse, renversant  notre bâtiment de marine.
Nous les retrouvons à la plage, cette fois en famille : Monsieur et Madame avec leurs rejetons. Le bain des petits est surveillé par les parents. Attention si vous vous approchez de trop près : un gros mâle va se faire menaçant et va s'avancer vers vous en grognant. Les otaries adorent jouer dans l'eau près du rivage et se laisser bercer par les vagues. Hier, j'arrive avec mes palmes près du rivage tout près de l'une d'entre elles. La voilà qui me fonce dessus avant même que j'atteigne le sable. Il a fallu que j'agite mes palmes pour la faire déquerpir. Nom d'une pipe ! la plage est à tout le monde ! Elles passent leur temps aussi à se dorer au soleil, dans toutes les positions. Après la plage, elles vont en ville et investissent les quais, les bancs, les escaliers.
Moins visibles sont les iguanes de mer dont la couleur se confond avec les rochers noirs de la côte. Ils ont des gueules à faire peur mais sont innofensifs.  Là, réellement, je préfère ne pas nager avec eux. Sentir leur longue queue balayer mes jambettes me déplairait absolument. Par contre, la réelle magie vient des tortues de mer. Nous en avons pourtant vu quelques unes aux îles Abrolhos au Brésil et ailleurs. Ici, c'est surprenant. Elles sont très grosses et très belles. L'autre jour, à la plage de la Loberia, à marée basse, alors que l'eau était très claire, j'en rencontre une première. Pas le temps de la suivre qu'une énorme arrive. Nous faisons route ensemble très longtemps, ce qui ne m'était pratiquement jamais arrivé. Lorsque je la lâche, j'en rencontre encore deux. Hier en me baignant, j'ai vu deux têtes de tortues. Hervé en a rencontré trois sous l'eau et comme moi la veille les a suivi assez longtemps. Eh bien ! ca, c'est magique. On sort de ces bains, ébloui par c
 es rencontres sous-marines.
Côté humain, il y a bonne ambiance. Nous sympatisons avec trois bateaux : deux français et un suisse. On se retrouve en fin d'après-midi au café du port autour de la biere par tablée de dix à douze personnes et on se sépare au soleil couchant. Tout le monde se retrouvera aux Marquises : un mois de navigation  peu ou prou. On pourra échanger des impressions.
Enfin les Galapagos, si nous ne verrons pas tout de ces îles, très réglementées et protégées, nous en garderons un souvenir sympatique et des impressions très fortes.
Amitiés à tout le monde et invitation à voir l'album sur Picasa.