galapagos
Un jour en mer est différent de celui qui précède. Papadjo avance depuis ce matin dans un rythme régulier par vent de Sud, sous grand-voile, génois et trinquette. Nous sommes toujours au près, mais d'une allure gentille, avec pour nous bercer une mer ondulante et langoureuse. Tout s'est apaisé, la gite, peu à peu, s'est affaibli et nous avons repris nos mouvements et occupations.
Ah ! la sieste d'
aujourd'hui !avec le va et vient du ressac contre la coque, ce bruissement inimitable comme une caresse auditive, joint à un bercement tranquille et continu et au flux d'air qui inonde le corps. C'est d'un tel bien-être qu'on n'ose pas s'assoupir.
Nous avons bel et bien quitté le contre-courant et le pot-au-noir a laissé place à un ciel et à une 
mer adoucis où les oiseaux sont nombreux. Ce matin, il y avait une grosse chasse à l'horizon.Ces oiseaux que nous voyons solitaires pour la plupart, n'ont nulle part où se poser sous ces latitudes, à part dans le creux d'une vague. Plusieurs cherchent un atterrissage sur nos panneaux solaires, sans y réussir. Certains poursuivent inlassablement nos leurres de pêche. On dirait que certains nous accompagnent.
Notre cap est bon maintenant et le bateau se dirige vers l'île San Cristobal des Galapagos où nous ferons escale. Hervé pensait rallier les Marquises sans escale. Mais, notre réserve de carburant est entamée. Nous irons donc nous frotter avec les autorités équatoriennes et leur gonfler les poches de dollars. Par contre, les lions de 
mer viendront s'installer sur notre annexe et les iguanes montreront leur queue le long de notre coque. Enfin, c'est ce qu'en disent les copains qui nous ont précédés.