Cela commence à Trinidad par une belle balade sur la côte N.Est de l'île, sauvage, déchiquetée où la mer cavale, chevauche, rugit.

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ca rugit

      Ce n'est certes pas l'endroit où les tortues "Leatherback", peuvent accoster.
Nous sommes en compagnie d'un belge, Alain, qui nous pilote sur l'île qu'il connait bien et nous faisons route vers une plage au Nord, Grande rivière, avec des arrêts dans la forêt tropicale, ramassage de cacao et de régime de bananes.

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Gaulage de cacao

      Enfin, nous arrivons à Grande Rivière, une plage immense où viennent en nombre important les fameuses tortues. Il fait bien jour encore et nous devrons nous contenter des traces qu'elles ont déjà faites et de l'emplacement de leurs nids. Le sable est comme labouré.

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Empreintes de tortues

En attendant, on admire quelques surfers.

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surfers

    Et, on se balade autour de cette fameuse rivière qui se jette dans la mer en deux endroits, un sous le sable et un en suivant un canal creusé par l'homme.

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Grande riviere

      La nuit doit se faire pour que les tortues accostent et cherchent un emplacement pour pondre. Lorsque nous pénétrons sur la plage, accompagné d'un guide et d'un groupe de personnes, vers les 8h du soir, nous avons l'immense surprise d'en trouver déjà une à l'oeuvre. C'est sa taille qui est impressionnante. Déjà sur le chemin, Ev avait pu photographier une tortue morte, logée dans un ruisselet.

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Epave de tortue

    Mais, celle que nous voyons présentément fait le double de la taille de l'autre.
Car ces tortues, qui datent de l'époque des dinosaures, il y a quelques 9O millions d'années, peuvent atteindre plus de deux mètres et peser jusqu'à 9O Tonnes; La nôtre n'est pas loin du tout de ces mesures.

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Une sacree tete

      Elle vient d'arriver sur l'emplacement qu'elle a choisi pour pondre et travaille maintenant à repousser le sable au moyen de ses nageoires arrière (puissantes, pouvant être aussi longues que l'est la carapace)  afin de former une cavité où elle va faire reposer tout son corps. Nous nous écartons tous pour éviter les jets de sable.

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Au travail

  Le travail est fini. A l'aide de la nageoire avant, elle creuse maintenant la chambre des oeufs,qui sera aussi profonde et étroite que l'est la nageoire. C'est vite fait. Maintenant à la ponte. Mais comment voir les oeufs. La guide écarte délicatement la queue et à notre grande surprise,nous voyons comme des boules de billards bien luisantes tomber au fond du trou, les unessur les autres. Ce sont les oeufs faits d'une coquille caoutchouteuses qui leur permet de ne pas se casser en tombant les uns sur les autres. La guide en saisit un au passage et nous le fait passer.
C'est tout mou. La tortue va en pondre entre 6O et 9O.

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Oeufs tout frais pondus

  Nous attendons. Tout autour, nous voyons les masses sombres d'autres tortues qui abordent surla plage et cherchent un emplacement. Une d'elle se dirige vers notre tortue et nous assistons à un face à face extraordinaire entre ces deux monstres. La nouvelle s'écarte et va plus loin.
Puis, notre tortue a fini sa ponte, ayant eu bien soin de pondre quelques oeufs sans jaune sur le dessus des autres pour les protéger et éviter que le sable ne s'infiltre entre eux, et ainsi laissant l'oxygène circuler.
Elle couvre le nid avec le sable, le tasse bien avec ses nageoires arrière.

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Operation camouflage

C'est alors qu'elle entreprend de dissimuler le nid et la cavité en projetant du sable à l'aide des nageoires arrière d'un mouvement puissant et continue.

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Ensablement du nid

Une fois satisfaite par le camouflage, elle reprend le chemin de la mer, lentement, laissant des empreintes comme les chenilles des bulldozers, ce qui hélas, permet aux prédateurs de repérer les nids.

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Direction la mer

Elle a du mal à pénétrer dans la mer. Nous la suivons des yeux, rejetée sans cesse par les vagues du rivage, avant qu'elle n'atteigne la profondeur qui permettra à son corps de décoller et de s'éloigner rapidement, certaines à plus de 9 noeuds.

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On est plus legere dans l'element marin

Nous aimerions la pousser.  Elle a mis tant de courage à traverser les océans pour cette ponte et à faire son ouvrage.
Mais nature doit se faire. C'est dans son cycle et dans ses gènes.