Eh oui ! nous voici à St Lucie, sous la Martinique, en plein dans les Caraibes.
Papadjo vogue vers les deux Pitons de la Soufrière, au Sud de l'île. A notre bord,
notre fille Natacha, Rudy son mari et Rebecca, notre adorable petite fille de deux ans.  C'est le bonheur !   
Rebecca est aux commandes entre Castries et La Soufrière.

 

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Rébecca aux commandes

    L'arrivée sur les deux pitons est toujours spectaculaire.  On dirait que la terre a surgi droit  vers le ciel,  entrainant son majestueux manteau de forêt tropicale, avec une énergie, une puissance qui ne peuvent laisser indifférent. Tout près, dans le creux du cratère, bouillonne le soufre. Une rivière grise et brulante s'en échappe pour dévaler les pentes.

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Les pitons

    A la Soufrière que nous connaissons déjà car nous avons exploré St Lucie pendant 15 jours de façon à recevoir dignement 
notre petite famille, nous reprenons contact avec Haze, le préposé aux bouées,  pour une balade dans la forêt tropicale autour
des deux pitons.

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 Notre mouillage

- Impossible ! demain, je serai de service pour la visite du prince Charles.  Après, pas de problème.
- Ah! bon ! le prince Charles
- Oui, Charles et Camilla. Ils arriveront demain de bonne heure sur le Leandre et toute la ville va celebrer l'évènement.
 
A l'aube du lendemain, en effet, le yatch royal fait son apparition dans une brume tout à fait british.

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Le Leandre


      On dirait même que les Caraibes s'effacent devant le rejeton royal et lui envoie tout ce qu'elles peuvent en bruine et en
averse.

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Bruine sur les Caraibes

      Ev se précipite en curieuse sur les jumelles du bord et aperçoit, ciel, un peignoir rose qui se balade sur un des ponts.

Ce doit être Camilla, au petit matin, à la recherche de sa tasse de thé. Dans le mouillage, tous les anglo-saxons sont en émoi,  remplissent leurs dinghis et foncent sur la petite ville qui a déjà réuni fanfares, officiels pour l'acceuil de leurs altesses royales. Nous les gaulois, nous attendons sereinement que la pluie cesse pour traverser la baie et rejoindre le cortège qui se forme près de l'embarcadère.
Il pleut maintenant à tordre. A terre, une fanfare s ebranle pour recevoir le couple,

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La fanfare de la Soufriere


Le couple royal debarque enfin,Une forêt de parapluie forme haie a son passage. Enfin on les voit : incroyablement identiques aux photosdes journaux.

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Le fameux couple

    Charles, rose poupin,  est tout de même assez petit et légèrement rondouillard. Mais  son costume gris perle,
 parfaitement coupé, lui donne une distinction notable parmi les St Luciens en short et en maillot de corps. Camilla, elle, s'est affublée d'une robe chasuble vert d'eau qui masque les inévitables dégradations de l'âge.  Un parapluie translucide, comme une grande méduse,  coiffe la célèbre sexagénaire blonde, au regard toujours du même bleu vif. 

    Il pleut des cordes maintenant. Le couple royal a rejoint la petite place centrale de La Soufrière. Ils se sont assis. 
Des discours vont se suivre. Puis une petite fille offre un bouquet. Deux écoliers amènent le cadeau de la cité, un tableau qu'eux
seuls et leur suite peuvent voir. Nous, nous nous réfugions dans l'Eglise, au milieu de petites filles adorables vêtues

en costume national de madras rouge, jaune, bleu et vert. Elles vont bientôt aller danser
devant leurs altesses.



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Les petites filles dans l'Eglise

     Il y a aussi des hommes déguisés en génies bienveillants ou malveillants de la Soufrière. L'un deux s'empare de ma petite 
Rebecca qui n'est pas très à l'aise. Mais c'est juste pour une photo.*

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Bouh ! Mamie ! qui est-ce cet homme là ?


Enfin, discours, danses et chants se terminent. Charles et Camilla vont faire un tour de foule, dans notre direction. 

Camilla se plante devant Hervé, chapeau Brésilien avec plume de chacalala, pantalon africain cousu par sa femme et
clog de marin. Nom d'une pipe, elle lui tend la main.
- et alors, tu l'a bien regardée.
- oui
- et alors
-  Bof ! Ce n'est qu'une vieille !
Dieu le pardonne et Léon Zitrone également. Pauvre Camilla qui a dû tant attendre pour arriver à cette Soufrière au bras de Charles ! être traitée de vieille de si mauvaise façon ! Enfin, mais voici Charles qui fait le tour dans la direction d'Evelyn et de Rudy.

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Il arrive, il arrive

On zoome, on zoome à mort. Il faut à tout prix une bonne photo pour la grand-mère de Rudy. On l'aura. On l'a. Hip hip hip !

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 Son altesse royale, le Prince de Galles.

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Le sourire royal sous le parapluie

     Ces altesses s'en vont maintenant. Nous, nous descendons la rue pour aller à notre cantine "Caraîbes". Tout cela nous a bien 
creusé l'estomac et  une bonne assiette créole chez nos grosses mamas va être la bienvenue.
En revenant au bateau, nous passons par la douane pour faire tamponner les passeports de notre fille.
Ah! ces douaniers de la Soufrière, comme ils sont charmants ! Celui qui s'occupe de nous aujourd'hui est un grand gaillard
d'une quarantaine d'année. Haze vient faire un tour au bureau. Nous engageons une discussion.
Haze, avec Hervé, ouvre le blog du Papadjo sur l'ordinateur de la douane. Pendant qu'ils regardent les photos, Ev interroge
un peu notre gentil douanier.
- Ah ! vous parlez un peu le français.
- Oui ! j'aime bien le français. Je suis d'origine française, de la Martinique.
- Ah, bon ! comment vous appellez-vous ?
- Mon nom, c'est Napoléon.
Nom d'une pipe ! c'est qu'il y en a du beau monde à la Soufrière. Qui peut oser  dire avoir rencontré dans la même journée,
Charles d'Angleterre et Napoléon de France !
Sous le coup de l'émotion, Ev s'incline devant le douanier, la main sur le coeur
-   Tous mes hommages, Majesté.
Le grand douanier Napoléon est aux anges, comme enveloppé d'un manteau d'hermine.
Haze a levé les yeux de l'ordinateur et a suivi tout ébahi la petite scène de révérence.
On lui explique alors  que Napoléon, c'est notre grand prince Charles à nous !

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