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    Pour aller au carnaval à Scarborough, la capitale de Tobago, il faut se préparer. Tout le monde vous le dit : les bus, les taxi-brousses sont monopolisés par leurs clients habituels, ce qui revient à dire que nous devons faire marcher avant tout la débrouille. En effet, aux premiers contacts avec d'éventuels transporteurs, nous leur faisons l'effet de "grosses occases". c'est dans le style :
- Combien prenez-vous pour aller au carnaval ?
Le type vous sonde d'un regard très interessé et se lance dans un discours incohérent où il est question de difficultés ..... puis, soudain :
-combien vous voulez mettre ?
ça alors, on ne s'y attendait pas. Nous avons fait tout de même un petit calcul et avons estimé que, pour ce jour là, le double du tranport normal serait un bon prix, soit 1OO tt par personne aller-retour.
Le type nous regarde avec des yeux troubles. Nous comprenons qu' Il espérait le pactole et ne veut plus s'engager.
Dans le mouillage, Philippe et Laurence ainsi qu'Anne-Marie veulent se joindre à nous. Chouette, nous serons 5 et question prix, ce sera plus facile à négocier surtout que le hasard va bien s'en charger.

     Notre local, Mathieu, se prend d'amitié pour nous. Le voilà qui se propose à voir le bateau avec un copain. Ok ! Ok !
On n'imagine jamais où les sympathies peuvent nous mener. Et c'est mieux. C'est ça la vie !

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Mathieu et Salomon dans leur petite barque

      Lors d'une soirée, voici donc notre Mathieu et son accolyte Salomon qui arrivent sur Papadjo avec leur petite barque et avec eux tout un matériel de pêche et toutes sortes de choses dont on ne s'attendait pas : un beau poisson, des patates douces, du manioc, régimes de bananes, mandarines et pomelos.
Que se passe-t'il ? Nos amis ont la ferme intention de passer la nuit sur Papadjo à pêcher.  Avec Hervé, on s'adapte. Ev réfrène un espèce de fou-rire qui ne cesse de monter à la surface tellement la situation est cocasse. Il est vrai que la mine et la décontraction de nos deux zigues ne sont pas des plus ordinaires.

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A la cuisine

Les voilà qui se mettent à la cuisine et nous concoctent une bouillabaisse locale à base de poisson, riz et manioc, de quoi étouffer les mauvais chrétiens que nous sommes.

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C est vraiment comique

    Après le repas, Ev leur assure les deux hamacs du bateau. Ils sont super contents. Les voilà enfin qui se balancent gentiment dans le cockpit enfoncés dans leurs hamacs. Au fait, ils ne vont pas pêcher du tout. L'expérience est trop forte pour eux. On sent que c'est le bonheur et qu'ils vont le humer jusqu'au bout. La bouteille de rhum n'est pas loin. Pourvu qu'ils n'en abusent pas trop. Nous allons, nous, dans nos quartiers. Au milieu de la nuit, branlebas de combat, la pluie arrive. Nous nous précipitons dehors pour aider nos deux malheureux à s'installer dans le carré, un par terre et un sur la banquette. Au petit matin, nous retrouvons nos compères, tout aussi heureux, Mathieu à la pêche et Salomon dans un des hamacs, une ligne à la main. Ca balance. Ev fait du bon café et ils découvrent la tartine au nutella. Grand moment !

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Petit dej

-Et qu'allez-vous faire aujourd'hui ?
-Se promener par là
-Je vous emmène, nous irons jusqu'à la maison de Salomon.
La maison de Salomon est juste en face mais en même temps assez loin car il faut longer toute cette grande baie de Man O War pour y accéder. Avant c'était piste cabossée. Maintenant c'est une jolie route goudronnée qui avance dans la jungle avec des vues magnifiques sur la baie.

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On avance dans la jungle


    Les perroquets verts y sont légion ainsi que les chacalala et les queues jaunes. C'est Dimanche aujourd'hui, jour de chasse et un chacalala y a laissé ses plumes dont une va orner désormais le chapeau brésilien d'Hervé.

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Un chapeau avec plume

Nous buvons à la cascade. Les km se suivent et enfin nous arrivons chez Salomon où une soupe maison nous est servie. La vue de chez Salomon est aussi belle que l'intérieur est pauvre.

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Vue de chez Salomon

  Mais enfin, l'acceuil est chaleureux et nous repartons avec moultes mandarines, citrons et pomelos. Et puis, Mathieu négocie pour nous la voiture du carnaval. Un type s'avance. C'est combien. C'est 1OO tt par personne aller retour. Qui dit mieux !
Le lendemain, en avant pour la capitale avec nos amis français. Une heure de trajet sur la côte Est de l'île. Il fait beau. Tout va pour le mieux.
Arrivés sur les lieux, on s'enquiert de l'heure où va commencer le défilé : à 11h. A 11 h, rien en vue. A 2h. Rien en vue et ainsi de suite jusqu'à ce que l'on puisse entendre le mot magique : à n importe quel moment. C'est à dire qu'il ne faut s'attendre à rien mais que tout peut se passer.
Malgré l'attente, nous ne sommes pas venus pour rien car ce petit carnaval, comparé à celui de Trinidad qui est le second après celui de Rio, a beaucoup de charme et se passe dans une atmosphère bon enfant et sans prétention.

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Formation de carnaval

Les groupes arrivent précédés par une reine et d'un valais qui vont esquisser quelques pas cadencés devant un jury pour faire place ensuite aux formations qui développeront chacune à leur tour une partie du thème choisi.

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Une reine de Carnaval

Ces dames sont bien grasses dans leurs tutus de plume et de strass mais évoluent sans complexe et avec un bonheur évident.

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La musique est inlassablement la même pour tout les groupes et la danse qui l'accompagne pareillement. Donc pas de chorégraphie compliquée. Tout est dans le déhanchement et le balancement des gros popotins.

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Un valais
Une fois que tous les groupes de la même formation sont passés, il y a un grand méli-mélo qui les rassemble tous, sur le rythme.

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On s'amuse diablement. Anne-marie, Hervé et Ev sont assis sur l'échaffaudage de l'estrade du jury : une position de choix pour photographier les formations avec cependant, à la longue, un certain inconfort dans l'assise. Qu'importe ! on se relévera plus tard. Les défilés se terminent enfin.


      Puis, nous assistons à une manifestation énorme qui restitue un rite pratiqué également à Trinidad.

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Les hordes s'annoncent

Des hordes et des hordes, par centaines, envahissent la rue pour former un seul corps, hommes et femmes vêtus au plus strict et complètement enduits, de la tête aux pieds, d'une boue jaune qui les transforment tous en statues animées;

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Et nous assistons à une libération totale;

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Les corps se touchent, femmes par le devant des hommes, jouant des fesses dans un rythme cadencé,

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grappes qui se rapprochent et se balancent, regards extatiques présumant l'orgie qui poursuivra ce frottis-frotta ce soir.

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Pour nous, sages français en goguette, ce sera le retour en taxi et dans nos bateaux mais avec dans nos yeux encore, des couleurs, des formes, des rires et du bonheur.

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la dernière biere.