Imbroglio et baise-main à la brésilienne

Ce qui ne sera pas une broutille le lendemain, c'est la prolongation de séjour. Ah! la bureaucracie brésilienne ! c'est quelque chose. Nous allons mettre au bas mot un jour et demie pour faire la tournée des trois officiels : police fédérale, recette fédérale et capitainerie du port.
En attendant, lorsque nous partons de bon matin par le bus rejoindre le port d'Ilhéus où se trouve la capitainerie, nous ne nous attendons pas au gim-kana qui va suivre et qui va necessiter en tout quatre taxis et le même nombre de bus.

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Affreux port d'Ilheus

Commençons par la capitainerie ! c'est bien là le pire ! affables, au petit soin, ils vous aiguillent dans tous les mauvais sens possibles. D'abord, ils nous envoient au fond de l'affreux  port d'Ilheus, à presque un km à pied encadrés de barbelés, pour visiter une préposée au sanitaire (était-ce bien utile !)

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ça fait bien 1 km à pied

Ensuite, ils nous indiquent une police fédérale qui n'est pas la bonne et la bonne, elle, se trouve à l'autre bout de la ville. Kafka aurait adorer cette petite ville et ses bons fonctionnaires ! En tout cas, cela nous prend la journée. Le lendemain matin, nous arrivons de nouveau dans leur enceinte. Le capitaine se précipite vers moi pour me faire le baise-main, comme si cela pouvait excuser les erreurs d'aiguillage !Enfin,ça fait plaisir tout de même et ça détend les nerfs !

Mais cela ne l'empêche pas pour autant de nous indiquer à nouveau une recette fédérale qui n'est pas la bonne. La bonne, elle, se trouve au fond du port d'Ilhéus, à côté du sanitaire.Mais voyons ! Du connu ! et pour comble, il pleut. Nous prenons donc un taxi pour franchir le bon km entre les barbelés.

Ca y est ! la police fédérale ainsi que la recette fédérale nous ont prolongés corps et coque pour trois mois. Il ne reste plus qu'à retourner à la capitainerie pour le final. On fait du stop pour le fameux km et nous nous faisons déposer pile-poil devant le planton de service. A nouveau, affabilités en tout genre. Il parait que ça se passe souvent comme ça au Brésil et ce qui n'a pas été dit, c'est que j'étais à un point excédée que cela aurait frisé, sans Hervé, la vraie crise de nerf OU bien la sceance infantile du "J'veux pas!".

Un quart d'heure après, nous voici libres et nous en profitons pour faire un peu de tourisme dans la ville du Cacao. Car Ilheus a connu sa prospérité à l'heure des plantations de cacao, vers 1881; lES grands propriétaires, les coroneis, venaient y dépenser leur argent et fréquentaient le célèbre café "Vesuvio" ou la maison de passe "Bataclan". Jorge Amado, un des écrivains brésiliens les plus connus, en a fait le thème de plusieurs ouvrages.

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Evelyn au café Vésuvio avec Jorge Amado.

la ville est très sympa et les rues piétonnes bien animées.

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rues animées

Hervé trouve même le temps de manifester pour des salaires plus équitables devant la mairie.

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Manif à l'hôtel de ville


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Hervé à la manif

Le sourire d'une belle d'Ilheus est bienvenue après toutes les tracasseries administratives que nous avons subies.

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un joli sourire