Cacao et chutes d'eau avec Eloiris / Couper le pont ?

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notre bateau voisin au mouillage

Notre voisin sur un charmant petit bateau local qu'il a construit lui-même, fait connaissance avec nous et nous propose illico une balade sur le rio Santana jusqu'aux chutes d'eau du village indien Engheno. C'est parti ! Il s'appelle du beau nom d'Eloiris. Plutôt du genre costaud mais comme nous le constaterons plus tard, un personnage à multiples facettes.

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Eloiris  à la barre

En attendant, il nous fait un superbe cadeau car le rio est magnifique  et la journée se passera comme un rêve dans un endroit idyllique: bois de cacaoier et de manguiers entourant d'impressionnantes chutes d'eau , village paisible où notre Eloiris connait tout le monde.

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rives du village indien

Et pour sûr ! il est né ici. Nous mangeons des écrevisses cuisinées à la bahianaise avec riz et purée de manioc.  Puis notre Eloiris prend un peu de liberté.Il est plutôt même du genre butineur et nous devons attendre qu'il finisse ses douces conversations dans les petits bars qui longent le fleuve pour reprendre le chemin du retour. On ne se plaint pas trop car les alentours du village sont superbes.

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joli paysage

De toutes façons, la marée doit baisser pour que le bateau puisse repasser sous le pont d'Ilheus.

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la mangrove du rio Santana

Et quand enfin, nous le passons, notre homme déclare que ce pont est à couper. Oui, Cortar el ponte !  c'est qu'il le pense vraiment et s'il en avait les moyens, il irait même jusqu'à exécution. Car, à quoi sert le pont d'Ilhéus, sinon à entraver la circulation fluviale, n'ayant pas été  calculé pour laisser passer les embarcations locales à marée haute et reliant par du béton très moche deux rives qui formaient un ensemble naturel magnifique. C'est dire que notre homme a une vision des choses  et de la vie qui sort de l'ordinaire. Et pourquoi donc n'aurait-il pas raison ? En France, on coupe bien des arbres centenaires pour créer des parkings plein soleil. Pour aménager les quais du port de Rochefort, deux arbres magnifiques sont partis un beau matin. Un nostalgique a dessiné sur le sol la silhouète de l'ombre bienfaisante qu'ils donnaient. Ici au Brésil, il est impossible de dessiner l'absence de Sete Quedas, la plus grande chute du monde, détruite avec faune et environnement par la construction d'Itaipu, le plus grand ouvrage hydroélectrique de la planète, qui a englouti assez de béton pour tracer une route de Lisbonne à Moscou et endetté le Brésil pour longtemps. "Cortar el ponte", c'est une broutille à côté !