Après tout cela, il faut tout de même songer à partir pour Ilheus afin de faire notre prolongation de séjour au Brésil. Partons tout d'abord avec Claudio et notre annexe repérer une fontaine sur les rives du fleuve, tout proche du débarcadère de Camamu et donc à 5 mn de moteur du mouillage de Papadjo.

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la fontaine

Charmant, l'endroit. L'eau est excellente, la profondeur est correcte. Il suffit d'amener Papadjo à l'étal de marée haute puis de le positionner à la méditerranéenne afin de le rapprocher le plus possible de la fontaine. Simplissime !
Mais, le problème, c'est que nous ne sommes pas des marins d'eau douce. Nous avons bien vu le pont qui enjambe le fleuve tout près de la fontaine mais nous n'avons pas levé les yeux au ciel. Ciel justement !

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le débarcadère et le mât de Papadjo

Papadjo quitte le mouillage, passe le débarcadère et s'avance vers la fontaine quand des quais un homme fait signe, puis il hurle et Hervé avec : Evelyn, marche arrière toute. Bon Dieu ! marche arrière. Je n'y comprend rien, mais j'exécute à fond et risque tout de même un petit oeil pour comprendre. Dieu du Ciel ! un fil électrique ! un fil électrique dans les haubans. Punaise ! d'où sort-il celui-là ! du ciel justement ! nous n'avons pas regardé le ciel. Le fil se dégage ! ouf. Il s'agissait en fait d'un fil téléphonique qui déservait une villa perchée sur l'autre rive.

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les fils de Camamu

Mais il n'y a pas que celui-là et nous les voyions bien maintenant, les autres fils qui, par groupe de trois, traversent le fleuve, beaucoup plus en hauteur, au niveau de la fontaine, juste à l'endroit où nous aurions mouillé et, nous retournant, au niveau du débarcadère que nous venons de passer. Nous sommes donc au beau milieu de tous ces dangers. Pas question d'avancer !Stop absolu ! nous attrapons une bouée libre et Papadjo est immobilisé. Dire qu' il va falloir tout de même repasser sous les fils du débarcadère ! On parle des dangers de la mer. On oublie qu'on risque tout en traversant la route ou en faisant cent mètres sur un fleuve tranquille.  Nénette est mise à l'eau et Claudio et Hervé chargés des bidons vont faire de l'eau à la fontaine et me ramènent le tout que je vide dans les tanks. Ca prend du temps et de la sueur !
Et nous repassons. L'antenne du Papadjo accroche gentiment un des trois fils électriques pour le libérer presqu 'aussitôt. Eh bien, Ouf, ouf, ouf ! on peut même maintenant boire ensemble un "Carpineira" et plaisanter on ne peut mieux. Je nous aurais bien vu tous les trois, main dans la main, grimper gentiment au ciel jusqu'à la porte de St Pierre.

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Vers le soir, pour ne déranger personne.

Celui-ci, les bras croisés, aurait bien voulu nous faire la leçon mais basta, le package n'étant pas si mauvais, il nous aurait ouvert grand la porte. "Encore, toi, Claudio ! ici au paradis!" et nous éclatons de rire. Hervé de nous parier que le prochain bateau qui passera la ligne téléphonique l'emportera avec lui. Pari gagné ! dans l'après-midi, nous constatons qu'il n'y a plus de ligne téléphonique au-dessus du rio. Il est temps de partir. D'ici qu'on nous impute la casse !

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il y a comme de l'électricité dans le ciel

Le départ est fixé pour le lendemain à étal de marée haute. C'est Aragon qui nous aidera à passer les cailloux. Nous faisons nos adieux à la famille Jaimé, à Claudio, Claudio qui ne veut pas nous dire adieu. "Nous nous retrouverons"nous dit-il en nous offrant deux superbes T.shirts aux couleurs vert et jaune du Brésil. C'est sûr que vêtus de la sorte, nous n'allons pas passer inaperçus.

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les t.shirts Brésiliens