Muito obrigado por Marcio que nos ha dado suas fotografias.

Au lagon des pirogues/Un ponton et des amis/Pêche à la dynamite/Un varan dans la piscine/Evelyn sur scène/Un thon balafré par un requin

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    plan de notre itinéraire

    A peine quittés le lagon de Bom Jesus qu'une pluie diluvienne nous forcent à l'arrêt. C'est qu'il pleut au Brésil, tous les jours que le Bom Jesus fait, ces derniers temps ! Incroyable, mais vrai. Heureusement que c'est la pluie sous 3O° en permanence. Alors, sous le soleil, c'est comme une Bretagne du Sud avec une végétation luxuriante, des couleurs éclatantes avec une gamme de verts dont la brillance tranche sur le ciel bleu.

    Nous repartons, vêtus de nos vestes de quart ! Le mouillage que nous avions prévu ne nous plait guère (à côté d'une raffinerie) et nous poussons plus loin, entre des hauts fonds, pour rejoindre un autre lagon, celui de Caboto, un petit village de pêcheurs où nous allons vivre quelques jours délicieux.

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L'estacade et village

   

    Là, il n'y a que nous, les pirogues locales et les passeurs qui vont d'une île à l'autre. En débarquant à l'unique estacade avec "Nenette", notre annexe, nous nous apercevons qu'elle donne carrément sur une maison. C'est donc privé. A nous le poutou-poutou ou l'espèce de plage qui sert de terrain de foot aux locaux.

    Nous remontons ensuite l'unique rue du village et , à la hauteur de la maison à l'estacade, butons presque sur une belle voiture et son propriétaire.
Regards ! communication silencieuse - vous c'est l'estacade et nous c'est le voilier qui vient d'arriver ! A croire que ça marche car de suite, nous sommes invités à pénétrer dans la maison.

    Il s'appelle Marcio : directeur d'une société de traitement des eaux (ses clients sont les gros cargos qui viennent décharger dans les raffineries voisines) - Second mariage avec une détonnante jeune femme de 28 ans, Anne-Caroline Renout, brésilienne avec ancêtres français et chanteuse de surcroit. Nom de scène : Caroline Maciel; On aura tout vu !

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notre star, Caroline dit Annie.

    Elle arrive le soir, en taxi, (sécurité oblige) de Salvador où elle répète (Salvador, à 6Okm par voie terrestre tout de même). Et de suite, c'est la grande fête d'amitié entre nous. Nous dinons ensemble sous leur véranda, devant la piscine et Papadjo est invité à s'amarrer à l'estacade dès que possible. Eau, électricité, piscine. Mais oui! la grande vie !

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Papa Djo au ponton privé

    Car Marcio et Anne-Caroline sont du genre "tout ce qui est bon pour nous l' est également pour vous". Tout de même, nous refusons la clef de la maison.

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A nous l'ambiance !

    La symbiose aidant, un rythme s'installe : petit déj tous les jours ensemble sous la véranda et diner soit chez eux, soit chez nous. Tout y passe : crevettes au barbecue, au lait de coco, crabes locaux,  pizza et nouilles bien sûr !.....

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repas véranda

    Entre temps, pendant qu'ils travaillent l'un comme l'autre, nous jouissons de ce lagon fort beau qui s'assèche en partie à marée basse et qui est le domaine des pirogues pour la pêche à la crevette.

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Le lagon

    Helas ! comme dans beaucoup d'endroits, les faigneants font la pêche à la dynamite. Les explosions résonnent dans la coque du Papadjo. C'est interdit mais il n'y a aucun contrôle. Cette terre si belle est souillée par l'homme.

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Coucher de soleil sur la terre si belle

    Ici, au Brésil, il y a un laisser-aller terrible. Certains cours d'eau sont carrément noirs, purulents et la pêche à la dynamite qui a ruiné les fonds de Grèce et de Turquie poursuit ici une carrière explosive et le pêcheur détruit bêtement ce qui le fait vivre.
A part ça, on se laisse bien vivre. La piscine est petite mais bien agréable. Heureusement tout de même qu'il y a  Mickey, le chien, pour avertir qu'un varan y patauge.

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Mickey et le varan dans la piscine

    Nos hôtes se chargent de nous faire réparer l'appareil photo et la pompe d'eau de mer. Ce ne sera pas sans mal. Les pauvres, c'est à trois fois qu'il faut s'y reprendre pour l'Olympus qui n'a pas apprécié la prise de photos sous la pluie. Ils ont souci aussi de notre bonheur et Annie nous attache au poignet les célèbres porte-bonheur de Nosso Senor de Bom Fim. Une tradition ici. Le nombre de noeuds détermine le nombre de voeux. Hervé peut en faire deux et moi trois. Le ruban se garde au poignet tant que les voeux ne sont pas réalisés !

    La fin de semaine arrive. Nous les quittons pour Ribeira, une baie protégée où les brésiliens mettent leurs voiliers (anti-enzime garanti).

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Ribeira et notre marina

Rendez-vous le dimanche. Nous irons tous quatre avec Nicole, la fillette de 9ans de Anne-Caroline au show que cette dernière doit donner à l'aéroclub de Salvador, super mall à l'américaine où se retrouve le Brésil chic et choc. Repas sur le Papadjo avec en première une bouillabesse au mérou ! Que delicia ! que optimo ! (prononcer atchum!)

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Nicole sur Papa djo avec Marcio

    J'imagine Caroline dans une robe de soir rouge ou lamé or, bien moulante, avec force strass et paillettes, chantant sur scène de sa belle voix veloutée et sensuelle. Eh bien non ! j'ai tout faux. Caroline est méconnaissable, en clown, perruque orange et pagne violet avec toute une troupe excentrique. Nous ne l'entendrons pas chanter : elle a ce soir un problème de cordes vocales. Zut alors !

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Le bronco infantil

    Le show s'adresse à un public de bébés et de tout petits enfants, juchés sur les épaules des papas ou balancés au rythme des sambas dans les bras des mamans. C'est la mode ici. Ils ne savent meme pas parler mais ils dansent; Caroline se trémousse comme le reste sur la scène. Nicole y est aussi pour un concours de samba. Je regarde tout cela bien amusée quand soudain j'entend des interpellations, je vois tous les regards se tourner vers moi et Nicole qui me fait le signe de venir.

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au spectacle

    Quoi ! sur scène, au Brésil. Et j'y vais, bien sûr. Je me retrouve en compétition avec quatre autres mamans. On y va pour la première samba. La France se tient bien et atteint la finale. Mais oui ! et les applaudissements pour l'une et l'autre ne nous départagent pas. On en est à la unième samba quand enfin, ma collègue de scène se détache de quelques bravos supplémentaires. Nicole est très décue. Il ne faut pas. Tout le monde s'est bien amusé et monter sur une scène au Brésil, cela ne m'arrivera pas tous les jours ! Hélas ! Hervé n'avait pas l'appareil pour immortaliser cet évènement et Marcio était parti acheter quelques boissons !
Nous finissons la soirée dans un super resto japonais et nous quittons avec bien des regrets.

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au revoir les amis !

    Deux jours après, nous ripons pour le Morro de Sao Paolo, à 5O miles par la mer de la Bahia de todos OS Santos où nous sommes restés plus d'un mois. Pêché un thon de 4 KL avant qu'un requin ne nous l'avale ! C'est que nous ne sommes pas de grands pêcheurs et l'aileron de bonne taille qui tournait autour du bateau nous a fait penser qu'on avait une ligne à la traîne. Et pardi ! elle était bien dure, la ligne. Pour un peu, elle aurait té plus légère ! Enfin, le thon était très mangeable et nous a fait 4 bons jours.

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Le thon et ses balafres