Bahia de todos Os Santos 11.O2.O7
   
    Retour à la nature

    Et nous voilà partis de Salvador pour une remontée du fleuve Paraguaçu. Paraguaçu signifie la "grande mer" en langue indigène. Ce fleuve se jette dans la baie de tous les Saints après un long parcours dans la partie centrale de l'Etat de Bahia. 
A l'embouchure, nous trouvons un super mouillage entre l'île de Monte Christo et un charmant îlot avec deux cases sur pilotis. Ah! ça change de la grande ville. Nous sommes seuls mais tout entourés d'une nature splendide. C'est la détente, le bain sous les cocotiers et pour Hervé une petite exploration de l'île de Monte Christo dont il revient enthousiaste tant la jungle est belle ici.

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Pointe des Cocotiers -Ile de Monte Christo

   

REGATE SUR LE FLEUVE PARAGUACU AVEC LES SAVEIROS A VOILE

    Le lendemain, au flot, nous voici remontant le fleuve pour régater avec les saveiros à voile, embarcations traditionnelles qui du 16em au 2O em siècle faisaient le transport de la production locale, principalement la canne à sucre et le tabac et qui sont toujours en usage de nos jours.


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Saveiro à l'arrière


Hervé n'a pas envie de mettre la voile pour les quelques 10 miles qui nous séparent de Maragojipe, notre point d'atterrissage surtout que nous naviguons sans carte. Je rouspète, j'ai une envie folle de naviguer sous voile, sans aucun bruit que le glissement du bateau dans les eaux du fleuve, en communion avec ces élégants voiliers anciens qui filent toutes voiles blanches immaculées sur l'eau bruissante, par vent arrière et courant favorable.


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Saveiro à portée de voile


Hervé se prend alors une rage pas possible et me balance le taud de grand voile comme un paquet de linge sale puis monte la grand voile en un quart de tour. Mais, finalement, il se laisse prendre par l'ambiance merveilleuse qui règne sur le fleuve. Nous naviguons avec un bon vent portant et attendons les deux saveiros qui sont à notre poursuite. Dès que le premier nous dépasse, Hervé, conquis, lance le génois qui se met en ciseau. Le deuzième nous file devant sans problème.


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Papa Djo à la traine


C'est un plaisir, une joie pure que de voir ces bateaux et de naviguer un tant soit peu avec eux. Ils nous ouvrent le fleuve, magique dans ses couleurs et ses paysages, puis filent chacun à sa destination.


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Les Saveiros ouvrant la voie devant l'île des Français !


Quand nous arrivons à Maragojipe, nous en retrouvons un qui décharge sa marchandise sur l'immense débarcadère de plus de 1OO mètres de long.
Hervé observe. Il n'a pas l'air malheureux du tout !


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Capitaine Heureux

Maragojipe / ses couchers de soleil / son estacade / ses motards

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Maragojipe au petit matin

   

Maragojipe est maintenant une ville bien décrépite après avoir connu une grande prospérité au 19 em siècle avec deux fabriques de cigares qui employaient pratiquement tous les habitants. Il y a même pas très loin un repaire de brigands, de gros tueurs qui squattent un hôpital désaffecté. Il ne ferait pas bon de se balader dans ce coin là. Nous allons nous en tenir au bord de la rivière qui a, comme qui dirait, un petit air de Casamance avec sa mangrove, son poutou-poutou et ses pirogues.


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Comme un petit air de Casamance


Eh bien sûr, nous avons droit au petit centre ville dans une ambiance très colorée et bruyante car il y a rassemblement de motards et préparation du carnaval à venir. Les gosses courrent les rues en déguisement de monstres. Ils lancent des pétards un peu partout. Les motos passent et repassent.


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Carnaval


    Mais la beauté, c'est dans le fleuve que nous la trouvons, au petit matin quand les brumes s'étirent sur l'eau calme, quand la transparence de l'air, la luminosité spéciale du levant donnent au paysage un effet magique qui transcende son aspect ordinaire. L'estacade devient une oeuvre d'art, le fond du fleuve un entrecoupement de collines bleues et grises.


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l'estacade au petit matin


Notre drapeau belge nous vaut la visite d'un belge "Yvan" et de son amie Brésilienne "Sonia". Rencontre bien sympatique. Sonia nous offre chez elle au village un de ces sucos dont on se souviendra "mangue, papagayo, fruit de la passion de son jardin ! Yvan dont le bateau est mouillé près du nôtre nous indique la navigation jusqu'à Cachoeira. Nous ferons halte d'abord devant le monastère  des franciscains du Paraguaçu avant de nous engager dans le chenal assez difficile qui conduit à Cachoeira.