Halte à Itapissuma/ Igarassu/Piscines de pleine mer

Ce n'est pas que nous étions fatigués des cocotiers et de l'eau turquoise de l'embouchure ! non ! nous avions même décidés de faire une expédition avec Nénette (notre dinghy) sur le petit îlot de Corea de avios qui fait face à Itamaraca dans la passe : îlot de charme, posé sur la mer par un banc de sable sur lequel se penche quelques cocotiers. Mais, le lendemain, vent fort et nuages nous ont dissuadé de faire la tournée en dinghy et nous avons opté pour remonter la rivière jusqu'à Itapissuma.

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Lagune d'Itapissuma

    Itapissuma est un gros village de pêcheurs. Ce qui est superbe ici, c'est la rivière qui s'élargit jusqu'aux rives de l'île d'Itamaraca pour former une lagune qui découvre des bancs de sable à marée basse ponctués par les touffes vertes des palétuviers, ce sont toutes ces barques éffilées comme des pirogues, reposant sur l'eau ou la vase comme autant de petites merveilles de forme et de couleur ou bien naviguant à grande vitesse sur la rivière, voiles déployées de toutes les couleurs, en grand V par vent arrière, sans bruit, pour un ravissement continuel des yeux.

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Barques posées dans la vase


    On imagine forcément ce temps lointain où ces îles, ces lagunes formaient autant de territoires indiens. Car ces petites embarcations proviennent d'une longue pratique tant dans leur construction que dans leur utilisation par les pêcheurs du coin qui les manoeuvrent à la pagaie ou à la voile. Ces barques sont matées, leur safran est une longue pagaie qui est mise à l'arrière et sur le côté est disposée une dérive utilisée pour remonter au vent et qui change de côté selon l'amure
Ce sont des embarcations très rapides avec une seule voile dotée d'une bôme plus longue que le mât, dépassant l'arrière de la barque. Mât et bôme avec voile enroulée sont remisés le long de la barque pendant la pêche. Elles nous rappellent les pirogues de Casamance, lesquelles n'ont pas de mât,faute de vent dans les belons et se manoeuvrent donc uniquement à la pagaie. Mais ici, sur cette côte brésilienne, il y a toujours une bonne brise qui favorise la navigation à voile.


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Pêcheurs remontant la rivière

   

Les barques rasent le bateau au mouillage, le pêcheur répond à notre salut, on se sent proche. Par contre, nous ne nous sentons pas du tout proches de la bande de sales gosses qui squattent l'après-midi le superbe embarcadère du village et qui, voyant Papa Djo tout proche, décident d'un seul homme d'aller à l'abordage. Bien ! je les regarde froidement arriver à la nage et mettre leurs patouilles tout autour de Nenette. Ils ne savent plus quoi faire. Ni bonjour, ni rien. Ils repartent. Avertissement ! nous reculons Papa Djo dans la rivière et faisons maintenant les atterrissages de Nenette dans le Poutou-poutou dans le quartier des pêcheurs.

Et c'est ainsi  que nous faisons la connaissance de Sandra. Il faut un destin pour tout. Quelque chose qui nous écarte d'un objectif pour nous rapprocher d'un autre. Merci les sales gosses ! grace à vous, on va pouvoir s'amuser. Car Sandra est un véritable phénomène brésilien qui parle l'espagnol courrament. Donc aucun problème de communication.
Sandra est une petite bonne femme, très pétulante, bien brune, avec une dynamo dans la tête et une soif de vivre incroyable.
Nous sommes immergés de suite dans le milieu de sa famille et amis, toute une bande de pesqueros éclusant bières sur bières devant la maison de son père et son copain Luis, un super Latino, bien bronzé, le cheveu très noir, l'oeil très brillant, petit anneau à l'oreille et vernis beige sur les ongles ! ça change ! rendez-vous est pris dans deux jours pour une virée ensemble. On verra où.


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Eglise d'Itapissuma

    Aujourd'hui ce sera  le bus pour atteindre Igarassu un centre historique à quelques km d'Itapissuma. Nous prenons donc le bus, je comptais sur ma voisine pour nous aiguiller, allure grosse paysane bonnasse qui fait Sim, sim (oui) tout le temps; Ca me rassurait. J'avais l'impression qu'elle me comprenait. Et le bus indiquait bien comme destination sur son panneau avant "Igarassu, sitio historico". Pourtant, nous nous sommes retrouvés au diable vauvert après une heure de route. J'avais beau répété "Igarassu" "Igarassu", elle opinait toujours de la tête en montrant l'horizon. Les quelques km se sont transformés surtout que le car s'est mis à tracer sur une autoroute. Ce n'était plus possible tout ça et j'ai fini par parler autour de moi. Alors tout le monde dans le bus s'est mis  à nous renseigner. On s'est tous mis à rire franchement de notre déconvenue. "Mais, allez-y, nous a dit un bonhomme, avec un grand sourire,  vous allez connaître tout le pays comme ça"


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Hervé et notre guide à Igarassu devant le couvent

 Il a fallu descendre et refaire le chemin en sens inverse. Puis, enfin, visite d'Igarassu rendue très interessante grace à notre jeune guide qui nous a patiemment expliqué  l'histoire du pays : conquête portuguaise au 16em siècle, extermination des indiens, occupation hollandaise de quelques 24 années..... Nous faisons la visite d'un somptueux couvent. Il y a tellement d'or dans l'Eglise qu'il est interdit de photographier. La sacristie ressemble à une salle de bal avec des meubles incroyables et de superbes azulejos portugais. Pas de photos non plus. Seul le cloître avec ses fleurs magnifiques peut être photographié ainsi que le ficus plus que centennaire qui étale ses racines en éventail sur le sol bien ratissé.


 

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Fleur du cloître


Retour à Itaparica avec Sandra et Luis/Piscines de mer

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Forte Orange

    Et nous retrouvons notre Sandra-phénomène qui nous acceuille au centre d'Itaparica avec "Amorrrre" Luis. Nous ne savons pas du tout quel est le programme. Nous voici dans un taxi qui nous mène au Forte Orange, dans l'embouchure face à l'ilote Corea de Avios. Ca alors ! Nous attendons sur la plage un vaporeto. Sandra en profite pour se changer et apparait en maillot et paréo. Nous montons dans un petit vaporeto, petit mais rapido. Il nous amène à une vitesse impressionnante non sur l'îlot mais en pleine mer. Ca secoue, ça vibre, on se croirait presque en jeep dans les wadis du désert du Sinaî en Egypte. Mais où va-t'on ? Nulle part ? Mais si, dans une des piscines de pleine mer qui abondent ici. Notre vaporeto s'arrête. On nous tend des masques et tuba et tout le monde se jette à l'eau. Nous avons pied. L'eau est super bonne, couleur turquoise. Le ciel est bleu. Baignade dans les coraux où abondent les poissons. Ca alors ! on ne s'y attendait pas.


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Apéritif sous la paillote sur l'îlot


    Après une demi-heure de baignade, re-vaporeto. Cette fois, Hervé se met à l'arrière pour éviter les vibrations. Nous atterrissons au petit îlot tout en paillotes sous lesquelles se rafraîchissent les touristes.
Sandra est à son affaire. Elle connait tout le monde ici et elle commande : bière suivie du cocktail local, huitres de palétuviers et pour finir super poisson grillé. Je commence à être à moitié partie avec les deux cocktails qu'on nous a servis. La vie est très légère, sable, cocotiers, paillotes, rafraîchissements, vent caressant, mer et ciel bleus ! Notre vaporeto est là pour le retour. Sandra avance sur la plage et là, j'aperçois, au-dessus de son petit string blanc, un superbe tatouage d'indien. Clic ! c'est parti pour la photo.



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Le tatouage de Sandra


      Elle m'explique qu'elle descend des indiens par sa mère. Pareil pour Amorre Luis ! En tout cas, Sandra a des moyens et des initiatives que n'avaient pas ses ancêtres. Après deux mariages, un en Espagne, un en Suisse, elle vit en Suisse, en instance de divorce, mais en pleine love story au Brésil avec Amorre qui en fait est un de ces amours de prime jeunesse.


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Luis Amorre

    En Suisse, elle travaille comme cadre dans un resto-discothèque, d'où sa dextérité pour faire les cocktails ! Nous voici dans sa superbe maison en restauration au coeur de l'île d'Itamaraca et Sandra nous sert à nouveau deux cocktails locaux suivis d'un festin préparé par sa camériste, Marça.


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                Sandra

Comme tout cela est bien. Il nous faut néammoins une bonne sieste et on nous offre une chambre avec ventilo; Là il faut dire que nous sommes à peu près comateux avec tous ces cocktails. Mais ça ira ! ça ira pour d'autres cocktails à bord du Papa Djo quand nous rejoindrons tous Itapissuma, enfin pour Hervé et les autres. De l'eau dans mon verre maintenant !
Demain nous nous preparons pour riper sur Salvador de Bahia, 4 jours de nav si le vent n'est pas trop contraire et si nous avons pu tenir tous ces cocktails. En attendant, Sandra en a écrit les recettes sur le book du bateau. On n'aura pas tout perdu !